Les médecins pourraient se retrouver derrière les barreaux, non pas pour des erreurs médicales, des avortements clandestins mortels ou des interventions chirurgicales ayant entraîné la mort du patient, mais pour des affaires totalement étrangères au monde de la médecine. C’est le sujet du dossier que consacre le quotidien Al Akhbar à ces affaires dans son édition du week-end des 31 octobre et 1er novembre. Le journal revient sur plusieurs cas marquants, allant de l’’affaire du Dr Émile Mauchamp, en 1907 à Marrakech, à celle du Pr Rachid Cherkab, du CHU Ibn Rochd de Casablanca, en octobre 2026.
Dans ce dossier spécial, le quotidien rappelle que «le Pr Rachid Cherkab, anesthésiste et ancien chef du service de réanimation du CHU Ibn Rochd de Casablanca, a été condamné le 21 octobre 2026 par le tribunal de première instance d’Aïn Sebaâ, à Casablanca, à un an de prison ferme pour diffamation et usurpation de qualité syndicale, avec incarcération immédiate». L’affaire continue de susciter un vif débat sur la liberté d’expression et les dysfonctionnements du système de santé public dans le pays.
À Fès, le quotidien se penche sur le cas d’un psychiatre poursuivi pour exploitation sexuelle, traite des êtres humains et administration de drogues dures à des patientes vulnérables. Condamné en première instance à 20 ans de prison ferme et à une amende de 200 000 dirhams, il est jugé en appel. Lors de la dernière audience, l’examen de l’affaire a été renvoyé au 19 novembre 2026 pour permettre la comparution des victimes et la poursuite des plaidoiries de la défense. Dans la même ville, le quotidien rappelle l’affaire du médecin qui a tué et démembré son épouse, également médecin, avant de fuir en France, où il a été arrêté l’année dernière.
À Casablanca, le quotidien s’arrête sur le cas d’un médecin anesthésiste-réanimateur exerçant au CHU Ibn Rochd, aujourd’hui soupçonné d’avoir tué sa fillette de 5 ans en la jetant du balcon de son appartement et poursuivi pour ces faits. L’appartement est situé au quatrième étage d’un immeuble résidentiel dans la préfecture d’arrondissement de Hay Hassani, à Casablanca.
Dans la même ville, le quotidien revient sur l’affaire du chirurgien esthétique Hassan Tazi et de son épouse, poursuivis et condamnés notamment pour des faits d’escroquerie, de falsification de documents médicaux et d’utilisation de l’image de patients présentés comme vulnérables ou démunis pour collecter des dons.
Le journal évoque également le cas de Charles Cullen, l’un des pires tueurs en série de l’histoire médicale américaine, qui avait exercé dans des hôpitaux du New Jersey. Il a été condamné pour le meurtre de 29 patients par injection de doses létales de médicaments.
Le quotidien évoque enfin le cas du célèbre Dr Abdelkrim El Khatib, chirurgien et résistant, interpellé à deux reprises, sous l’occupation et pendant les premières années de l’indépendance, «pour des faits liés aux tensions politiques de l’époque».
Par ailleurs, remontant au début du XXe siècle, à l’aube du protectorat, le quotidien rappelle enfin l’histoire du Dr Émile Mauchamp, médecin français assassiné à Marrakech le 19 mars 1907 sur fond de rumeurs l’accusant d’être un espion préparant l’arrivée des troupes françaises au Maroc.



