Crimes transfrontaliers: un gang spécialisé dans le kidnapping et les demandes de rançons condamné à Tanger

Pour éviter d'être identifiés, les membres des gangs criminels commettent leurs crimes dissimulés sous une cagoule. . DR

Revue de presseLa Chambre criminelle du tribunal de première instance de Tanger a rendu un verdict sans précédent, en condamnant un Franco-marocain à 25 ans de prison ferme pour son implication dans l’un des réseaux criminels les plus complexes noués entre le Maroc et la France. Mohamed Hamidou Bajjou, dit Badiss, était recherché pour plusieurs enlèvements suivis de chantage, et des faits de blanchiment d’argent, ayant ciblé des hommes d’affaires opérant dans les crypto-monnaies en France.

Le 24/05/2026 à 18h29

Avec la condamnation à 25 ans de prison ferme, le mercredi 20 mai dernier, de Mohamed Hamidou Bajjou, Franco-marocain mieux connu par son pseudonyme, Badiss Bajjou, la Chambre criminelle du tribunal de première instance de Tanger vient de livrer son verdict sur une affaire liée au crime organisé, à l’origine de nombreux remous en France. Parmi les charges retenues contre ce chef d’un gang spécialisé dans le ciblage d’hommes d’affaires et d’investisseurs opérant dans les cryptomonnaies, plusieurs rapts, des séquestrations, avoir exercé un chantage sur les proches de ses victimes, et avoir blanchi d’importantes sommes, écrit Al Akhbar de ce lundi 25 mai.

Cette affaire, très suivie par l’opinion publique française ces derniers mois, était devenue un enjeu sécuritaire et judiciaire de la plus haute importance. Chef de gang activement recherché, Badiss Bajjou était assimilé à un phénomène criminel encore inédit en France, le «Cryptorapts», un terme qui désigne le kidnapping de personnalités fortunées opérant dans les cryptomonnaies, les kidnappeurs exigeant par la suite de leurs proches la remise de rançons, dont les montants, exorbitants, sont à reverser en actifs numériques.

Les enquêteurs français décrivent Badiss Bajjou comme «l’un des dix Français les plus recherchés au monde», et le considèrent comme «le cerveau présumé» de plusieurs enlèvements qui ont été à l’origine de nombreux remous en France depuis 2023. Selon les conclusions de l’enquête, l’homme aurait supervisé certaines de ses opérations depuis le Maroc, après avoir fui le territoire français. Selon les autorités françaises, il était impliqué dans un réseau criminel international spécialisé dans des enlèvements contre la remise d’une rançon, la torture de ses otages, et un chantage exercé sur les proches de ses victimes, tout en faisant ensuite blanchir la rançon obtenue en la convertissant dans des cryptomonnaies, relate Al Akhbar.

Parmi les affaires les plus médiatisées associées à Badis Bajjou, l’enlèvement de David Balland, cofondateur de Ledger, une entreprise française spécialisée dans la sécurité des portefeuilles numériques. Otage du gang dirigé par Bajjou, il aurait subi des actes de torture tout au long de sa séquestration, et un de ses doigts a été amputé afin de faire pression sur son entourage, pour que la rançon exigée leur soit remise. Le récit des faits a provoqué une onde de choc en France, et a été classé parmi les crimes les plus graves liés à la crypto-sphère.

Selon Al Akhbar, les enquêteurs ont établi le fait que le réseau avait recruté de jeunes individus, parfois âgés de seulement 16 à 23 ans, sur les réseaux sociaux. Ils étaient chargés de surveiller les cibles, d’exécuter des enlèvements ou d’assurer la garde des otages, moyennant de l’argent. Certaines opérations ont même été coordonnées à distance via des canaux de communication cryptés. Les rançons, des sommes évaluées à plusieurs millions d’euros, étaient systématiquement reconverties en cryptomonnaies, afin de compliquer l’enquête des services de renseignement et des forces de l’ordre.

L’arrestation de Mohamed Hamidou Bajjou, qui a eu lieu à Tanger en juin 2025, lors d’une opération conjointe menée par la Brigade nationale de la police judiciaire et la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), faisait suite à une demande d’entraide judiciaire transmise par les autorités françaises, appuyée par un mandat d’arrêt international émis par Interpol, rappelle Al Akhbar. Lors de la perquisition de son appartement, les enquêteurs avaient découvert plusieurs armes blanches dissimulées dans les conduits de ventilation.

Par La Rédaction
Le 24/05/2026 à 18h29