Coronavirus. Rituels et respect des règles sanitaires: voici la procédure adoptée pour l'enterrement des défunts

Mise en terre d'une personne décédée du Covid-19, à Marrakech.
Mise en terre d'une personne décédée du Covid-19, à Marrakech. . AFP

Quand un patient malade du Covid-19 vient à décéder, comment les autorités sanitaires et les préposés aux rituels de la toilette mortuaire, selon les rites de chaque confession, procèdent au processus funéraire entourant la dépouille du défunt, avant sa mise en terre? Eléments de réponse.

Le 02/04/2020 à 18h19

En cas de décès d'un patient ayant été contaminé par le coronavirus, le ministère de la Santé a instauré un protocole spécial à suivre dans l'ensemble des chambres mortuaires des établissements hospitaliers du royaume, ainsi que dans les morgues municipales du royaume. 

Les dépouilles des défunts décédés suite au Covid-19 sont d’abord confiées à une équipe, constituée de représentants de la Direction régionale du ministère de la Santé et de ceux du Bureau Communal d’Hygiène (BCH), issus de la région dans laquelle le patient est décédé. 

Les rituels effectués par les préposés à la toilette mortuaire du défunt, selon les rites de la confession à laquelle il a appartenu, que ce soit dans la chambre mortuaire des établissements hospitaliers ou dans les morgues municipales, doivent être supervisées, selon le ministère de la Santé, par cette équipe locale, en charge de veiller à réduire au minimum l’usage de l’eau, des projections d’eau, ainsi qu'à veiller à ce que ces rituels confessionnels se déroulent avec les précautions d'usage à même de réduire les risques de transmission du virus, encore présent dans la dépouille du défunt. 

Le corps du défunt, après ces rituels de la toilette mortuaire, et l'obturation de ses orifices naturels, doit être placé dans un drap mortuaire puis dans sac mortuaire étanche, hermétiquement clos.

Sur la surface externe de ce sac mortuaire, cette équipe doit appliquer un désinfectant adapté (de l'eau de javel à 12 degrés, par exemple).

Par la suite, le sac mortuaire est placé dans un cercueil, et la pièce dans laquelle s'est déroulé ce processus doit ensuite être intégralement désinfectée, et les déchets sont collectés selon les règles d'hygiène d'usage, et suivent le process des normes sanitaires exigées par la filière du traitement des déchets à risques infectieux.

De la morgue au cimetière

Que ce soit depuis la chambre mortuaire d'un établissement hospitalier, ou de la salle dédiée dans une morgue municipale, jusqu'au cimetière où a lieu la mise en terre du défunt, l’équipe composée des agents de la direction régionale du ministère de la Santé et de ceux du Bureau communal d'hygiène doivent s'assurer du respect des mesures d’hygiène et d’isolement de la dépouille, et désinfecter le chariot ayant servi à son déplacement, ainsi que le véhicule qui l'a mené au cimetière. 

Au cimetière, cette équipe doit également veiller au fait que la mise en terre du défunt se déroule rapidement, et dans le respect des normes d'hygiène, et de précaution d'usage. Le cercueil contenant la dépouille du défunt doit être enterré à la profondeur habituelle, selon les rites déterminés par chaque confession, dans un endroit surveillé et sécurisé du cimetière, explique le ministère de la Santé.

Pour leur propre sécurité sanitaire, les proches et les membres de la famille ne peuvent, à aucun moment, se recueillir ou toucher le corps de leur regretté disparu, selon les consignes de ce même département. Ce fait n'est, de toutes façons, pas rendu possible, puisque l’équipe locale, sous la tutelle du ministère de la Santé, dès l'annonce du décès d'un patient des suites du Covid-19, doit immédiatement veiller à l’isolement de la dépouille du défunt et placer les membres de sa famille à l'isolement sanitaire, jusqu’à leur évaluation médicale permettant d'attester qu'ils et elles ne sont pas positifs au Covid-19. 

Cette procédure, suivie dans l'ensemble du royaume, préconise également de procéder à la désinfection du domicile où a vécu le défunt, par les agents compétents du Bureau communal d'hygiène.

Par Rahim Sefrioui
Le 02/04/2020 à 18h19

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