Casablanca: un dernier adieu discret à Saâd Hassani, figure majeure de l’art marocain

Lors des funérailles de l'artiste peintre Saâd Hassani le 10 juin 2026 à Casablanca. (A.Gadrouz/Le360)

Le 10/06/2026 à 23h00

VidéoL’artiste peintre Saâd Hassani a été conduit, ce 10 juin 2026, à sa dernière demeure lors d’une cérémonie funéraire au cimetière Errahma, à Casablanca. Seuls quelques membres de sa famille, des proches et des amis artistes ont accompagné celui qui fut l’une des figures les plus influentes de la peinture marocaine contemporaine.

C’est dans une atmosphère empreinte de sobriété que le cortège funèbre de Saâd Hassani s’est ébranlé, mercredi après-midi, vers sa dernière demeure au cimetière Errahma de Casablanca. Autour de la tombe, peu de visages. Quelques membres de la famille, des amis fidèles et une poignée d’artistes venus saluer une ultime fois l’un des pionniers de la modernité picturale marocaine. Une discrétion saisissante pour celui dont l’œuvre a profondément marqué plusieurs générations de créateurs.

Saâd Hassani appartient à cette génération fondatrice qui a contribué à façonner l’identité de l’art contemporain marocain. Depuis les années 1970, son travail n’a cessé d’interroger les notions de modernité, de tradition, d’authenticité et de renouvellement esthétique. Une œuvre exigeante, traversée par des questionnements intellectuels qui ont fait de lui une référence incontournable dans l’histoire du mouvement plastique national.

Au fil des décennies, l’artiste a construit un langage visuel singulier, nourri autant par la réflexion théorique que par l’expérimentation plastique. Ses toiles ont ouvert des pistes inédites de lecture de l’identité marocaine, tout en participant à un vaste débat sur les voies possibles d’une modernité artistique affranchie des modèles importés.

Présents lors des obsèques, ses proches ont tenu à rappeler l’importance de son héritage. «Saâd Hassani était l’un des bâtisseurs de la modernité artistique au Maroc. Il a consacré sa vie à défendre une vision libre et exigeante de la création», rappelle l’architecte Rachid Andaloussi.

Dans le même esprit, Abdallah El Hariri souligne le rôle intellectuel joué par le défunt tout au long de sa carrière. «Au-delà de son travail de peintre, il a toujours été un homme de dialogue et de réflexion. Ses interventions et ses débats ont nourri plusieurs générations d’artistes», témoigne-t-il.

Pour sa part, Abdelkader Laâraj estime que l’apport de Saâd Hassani dépasse largement le cadre de la pratique picturale. «Il a contribué à reconnecter l’art marocain à ses racines culturelles et historiques tout en ouvrant de nouvelles perspectives de création. Son influence continuera d’accompagner les artistes qui cherchent à inventer de nouveaux chemins pour la peinture marocaine», conclut-il.

Alors que les derniers participants quittaient lentement le cimetière, le silence reprenait possession des lieux. Restait derrière eux l’œuvre d’un artiste qui aura consacré sa vie à penser et à réinventer les contours de la modernité marocaine. Une œuvre appelée à lui survivre et à continuer d’alimenter les débats qu’il avait lui-même contribué à faire naître.

Par Achraf El Hassani et Adil Gadrouz
Le 10/06/2026 à 23h00