Réforme des études de médecine: la CNEMEP dénonce un flou persistant et réclame des clarifications

Grève des étudiants en médecine

Grève des étudiants en médecine.

Revue de presse Alors que les facultés de médecine, de pharmacie et de médecine dentaire s’efforcent de gérer la bascule vers un nouveau régime de formation, la Commission nationale des étudiants (CNEMEP) met en garde contre les zones d’ombre qui entourent cette transition. Réduction de la durée du cursus, amputation des stages hospitaliers, disparités entre établissements, suspicions de fuites au concours d’entrée: autant de sujets brûlants qui appellent, selon elle, une réponse ministérielle immédiate et transparente. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 21/08/2026 à 19h08

La Commission nationale des étudiants en médecine, médecine dentaire et pharmacie du Maroc (CNEMEP) a réitéré ses alertes face à ce qu’elle qualifie de «flou persistant» dans la conduite de la phase transitoire de la réforme des filières médicales et pharmaceutiques. Elle interpelle le ministère de l’Enseignement supérieur afin qu’il dévoile sans délai les modalités opérationnelles retenues pour la mise en œuvre de cette transition, et qu’il en explicite clairement les répercussions sur le parcours universitaire des étudiants.

Au cœur des débats ravivés par la CNEMEP figure le passage de sept à six années pour l’obtention du diplôme de docteur en médecine, parallèlement à la réduction de trois à deux ans de la période des stages hospitaliers externes, rapporte Al Akhbar de ce week-end (22 et 23 août). Ces annonces interviennent alors que les universités s’emploient à orchestrer le basculement des promotions d’un régime pédagogique à l’autre, opération délicate qui suscite de vives inquiétudes. Sont redoutés, en particulier, des chevauchements dans les cursus, des disparités dans les conditions de formation et d’évaluation, ainsi que des différences de régimes de diplomation entre étudiants ayant intégré les facultés au cours d’années distinctes.

La Commission estime que l’absence d’une vision unifiée et lisible ouvre la voie à des interprétations divergentes d’un établissement à l’autre, générant de facto des inégalités dans les conditions d’étude, les modalités d’évaluation et les critères de délivrance des diplômes pour des étudiants relevant pourtant de la même spécialité et du même système universitaire. Les préoccupations ne se limitent toutefois pas au seul cursus académique: elles engagent également l’avenir professionnel des futurs praticiens, dans la mesure où la qualité de la formation médicale est intrinsèquement liée au volume et à la diversité des stages cliniques et pratiques effectués.

Par ailleurs, la CNEMEP souligne la persistance de dysfonctionnements structurels au sein des établissements hospitaliers, notamment l’absence de centres hospitaliers spécialisés dans certaines facultés de médecine dentaire, ainsi que le blocage, depuis plusieurs années, de projets de création d’infrastructures analogues. Elle considère, à cet égard, que toute modification de la durée des études ou de l’architecture des cursus demeure vaine si elle ne s’accompagne pas de moyens adéquats: espaces de stage suffisamment nombreux et correctement équipés, encadrement pédagogique qualifié et accès à des situations cliniques variées permettant une véritable immersion pratique.

Sur un autre front, la Commission a évoqué les allégations récurrentes concernant une possible fuite des sujets du concours conjoint d’accès aux facultés de médecine. Elle appelle à l’ouverture d’une enquête rigoureuse afin d’établir la véracité de ces informations et de préserver la transparence de cet examen, dont l’intégrité conditionne la confiance des candidats dans le système.

Face à l’accumulation de ces dossiers sensibles, la CNEMEP exhorte le ministère de l’Enseignement supérieur à convoquer sans attendre une réunion d’urgence, écrit Al Akhbar. Elle attend de cette instance des éclaircissements précis sur les mécanismes de la période transitoire, le règlement des situations estudiantines en suspens, et des garanties fermes quant à l’égalité des chances et à la préservation de l’excellence de la formation.

Par Hassan Benadad
Le 21/08/2026 à 19h08