La controverse autour de la subvention consacrée à l’importation du bétail et des viandes rouges a repris de plus belle lors de la discussion du projet de loi de finances de l’année 2027. Lors des réunions de la Commission des finances, tenues mercredi et jeudi 28 et 29 octobre, des parlementaires des groupes de l’opposition ont demandé la suppression des exonérations douanières et fiscales.
Ainsi, Driss El Azami, président du groupe du PJD, a vivement critiqué le gouvernement pour le maintien de cette politique, qu’il considère comme une rente dont bénéficient les grands importateurs, relaie Al Akhbar de ce vendredi 30 octobre. Il a estimé que ces exonérations ne profitent plus aux consommateurs et n’ont aucun impact sur la réalité, la hausse des prix des viandes continuant d’atteindre 200 dirhams le kilogramme. Il a en outre critiqué l’exonération de la TVA sur l’importation, qui, selon lui, porte préjudice au cheptel national.
S’agissant du contrôle des prix, le président du groupe du PJD s’est interrogé sur la pertinence de l’orientation du gouvernement vers une approche régionale, à travers la création de six sociétés régionales chargées de la collecte et de la distribution des produits agricoles, dans l’objectif de réduire la multiplicité des intermédiaires en l’absence de contrôle et de régulation des prix des marchés de gros.
De son côté, Rim Chabat, présidente du groupe du MP, a indiqué que l’hypothèse de la croissance adoptée dans le projet de loi de finances comporte un optimisme excessif, étant donné son lien avec la récolte de céréales, qui demeure tributaire des aléas climatiques. Elle a également attiré l’attention sur le fait que les hypothèses relatives aux prix de l’énergie pourraient être affectées par les évolutions géopolitiques.
Abordant la question du pouvoir d’achat, elle a critiqué la réduction des crédits réservés aux produits essentiels, passant de 22 milliards de dirhams en 2026 à 19,4 milliards en 2027. Elle s’est interrogée sur la suffisance de la mise en œuvre progressive de la réforme de l’impôt sur le revenu pour répondre immédiatement aux besoins des catégories moyennes.
La présidente du groupe du MP a par ailleurs appelé à activer la commission d’enquête sur les circuits du soutien public et les parties bénéficiant de la hausse des prix, afin d’examiner la manière dont les fonds publics sont dépensés et d’établir les responsabilités, écrit Al Akhbar.
Pour sa part, Yassine Oukacha, président du groupe du RNI, a appelé à clarifier le mode de financement des nouveaux engagements sociaux et de l’allègement de la charge fiscale, tout en cherchant simultanément à réduire le déficit et la dette. Il a également critiqué le report de la réalisation de plusieurs engagements sociaux à l’horizon 2031, notamment ceux relatifs à la réforme de l’impôt sur le revenu, au relèvement du minimum des pensions et à l’aide sociale directe.


