Le ministère de l’Intérieur engage une réforme du système de permis de conduire de confiance. Dans une réponse écrite adressée au Parlement, le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a dévoilé les contours d’une opération nationale d’envergure, prévue entre janvier et juin 2026, visant à remplacer les permis de confiance traditionnels par des cartes électroniques intelligentes et sécurisées. Ces nouveaux documents, valables cinq ans, permettront de mettre régulièrement jour des données des conducteurs et renforceront les mécanismes de suivi administratif et de contrôle sur le terrain, indique le quotidien Al Ahdath Al Maghribia de ce vendredi 17 avril.
Cette réforme technique s’inscrit dans une volonté plus large de «mettre à jour les données des conducteurs en activité et d’éliminer les intrus», a précisé le ministre. Elle fait suite à des mesures strictes mises en place depuis 2022, limitant l’usage des permis aux seuls conducteurs professionnels et interdisant toute validation de contrats au profit de non-professionnels. «L’objectif est de réserver l’exploitation des véhicules de transport, notamment les taxis, aux seuls professionnels», a souligné Abdelouafi Laftit.
Parmi les mesures phares de cette réforme figure l’instauration du principe «une licence par personne», ainsi que la création de registres locaux pour mieux encadrer les chauffeurs et faciliter leur collaboration avec les détenteurs d’agréments. Parallèlement, les contrôles sécuritaires seront renforcés afin d’assurer le respect des tarifs légaux et d’améliorer la qualité des services offerts aux citoyens. «Nous ne tolérerons plus aucune forme de transport illégal de personnes», a martelé le ministre, dénonçant une «concurrence déloyale qui porte préjudice aux professionnels et ternit l’image du secteur».
Dans cette optique, Abdelouafi Laftit a donné des instructions strictes aux autorités locales et aux services de sécurité pour intensifier les contrôles routiers, veiller au respect des tarifs officiels et sanctionner fermement tout manquement aux règles déontologiques de la profession, écrit Al Ahdath Al Maghribia. «Le secteur du transport connaît des mutations majeures, et nous devons nous adapter pour garantir un service de qualité, tout en protégeant les droits des professionnels», a-t-il ajouté.
Au-delà des aspects réglementaires et sécuritaires, l’Intérieur accorde une importance particulière à la dimension sociale de cette réforme. Un accent particulier sera mis sur la sensibilisation des chauffeurs à l’importance de leur affiliation à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et à la couverture médicale obligatoire. «Cette démarche vise à assurer la stabilité professionnelle et sociale de cette catégorie, notamment après l’adoption d’un mécanisme de délégation d’exploitation des licences», a expliqué le ministre. Ce dispositif a déjà permis à de nombreux professionnels d’acquérir leurs véhicules et de les immatriculer à leur nom, mettant ainsi fin à des décennies d’incertitude et de précarité.
Face aux grands rendez-vous internationaux, notamment la Coupe du monde 2030, le ministère de l’Intérieur a décidé de mener une étude approfondie pour évaluer l’état du secteur. Cette analyse, qui inclura des consultations auprès des professionnels et des citoyens, permettra de «dessiner les contours de l’avenir du transport au Maroc», en conciliant innovation technologique, droits des travailleurs et préparation aux défis nationaux et internationaux.



