L’action diplomatique et sécuritaire du Maroc s’est une nouvelle fois imposée comme l’élément déterminant dans la résolution d’une crise majeure au Sahel. Nous vous en parlions, grâce à l’entregent et à la puissance de son renseignement extérieur, le Maroc est parvenu à obtenir la libération de Yann Vézilier, un officier de la Direction générale de la sécurité extérieure française. L’agent a bénéficié d’une grâce présidentielle du chef de la Transition malienne, le général Assimi Goïta.
Dans de nouvelles révélations rapportées par le média français spécialisé dans le renseignement Intelligence On Line, confirmant le rôle joué par le Maroc, nous en apprenons davantage sur les circonstances de cette libération. L’affaire remonte à l’été 2025, lorsque cet agent français, sous couverture officielle de second secrétaire de l’ambassade de France à Bamako, est arrêté par les autorités maliennes pour son implication présumée dans une tentative de coup d’État. Le diplomate est condamné, le 5 juin suivant, à une peine de 20 ans de prison pour atteinte à la sûreté de l’État.
Face à cette situation d’impasse qui provoquait une vive inquiétude au sein de l’appareil sécuritaire français, la hiérarchie de la DGSE avait d’abord envisagé des options militaires. «L’état-major de la DGSE avait fait plancher son Service Action (SA), lequel avait minutieusement étudié des plans d’intervention», lit-on dans Intelligence On Line. C’était avant de constater que les démarches directes menées dans plusieurs pays de la région restaient sans effet.
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Conscient des blocages de la diplomatie traditionnelle, le commandement français s’est alors tourné vers le savoir-faire marocain. Ce choix stratégique a notamment été appuyé par le numéro deux de la DGSE, le vice-amiral Nicolas Caillez. «Le numéro deux ayant fait l’essentiel de sa carrière dans le service – hormis une parenthèse comme sous-directeur de l’exploitation à la Direction du renseignement militaire (DRM) –, il est un fin connaisseur du renseignement de Rabat», précise le média français.
Les services français ont ainsi misé sur une médiation marocaine, réitérant une approche qui avait déjà fait ses preuves lors de crises similaires dans la région. C’est la Direction générale des études et de la documentation (DGED), sous la conduite de Yassine Mansouri, qui a finalement fait la différence. En mobilisant ses réseaux et son influence auprès des autorités maliennes, le service d’intelligence du Royaume «a démontré l’efficacité de son entregent» et a réussi à négocier une issue favorable. Les démarches marocaines ont permis d’obtenir la grâce présidentielle, ouvrant la voie au départ définitif de l’agent français du Mali et confirmant le rôle central du Maroc comme acteur de stabilité et médiateur incontournable au Sahel.
Ce succès s’inscrit dans la continuité de l’action diplomatique marocaine au Burkina Faso. En décembre 2023, quatre fonctionnaires français de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), munis de visas diplomatiques, avaient été arrêtés à Ouagadougou sous des accusations d’espionnage. Après un an de blocage diplomatique, c’est une facilitation orchestrée par le Royaume qui avait permis leur libération fin décembre 2024. Le président français Emmanuel Macron avait alors appelé le roi Mohammed VI pour exprimer la gratitude de la France, comme l’avait confirmé l’Élysée à la même Agence France-Presse. «À Bamako comme dans l’affaire burkinabé, les hiérarques du service français ont misé sur une médiation gagnante des services marocains», conclut Intelligence On line.




