L’examen du projet de loi n°19.25 relatif à la protection des animaux errants et à la prévention des dangers qu’ils sont susceptibles de provoquer ouvre une nouvelle séquence dans la gestion de cette question sensible. Ce texte, qui se veut à la fois coercitif et préventif, introduit des dispositions inédites à l’égard des propriétaires d’animaux de compagnie, désormais tenus à un ensemble d’engagements juridiques assortis de sanctions pécuniaires en cas de manquement.
«Parmi les obligations désormais exigées figurent la tenue d’une fiche signalétique de l’animal, la conformité aux normes sanitaires, le respect des conditions d’accueil, ainsi que l’interdiction formelle de l’abandon et de la divagation sur l’espace public», rapporte Al Akhbar de ce mardi 18 août. Le projet impose par ailleurs la création d’un carnet de santé individuel et son enregistrement via une plateforme électronique nationale, afin d’attribuer à chaque animal un numéro d’identification indissociable de son détenteur.
Les engagements ne s’éteignent pas avec la possession: l’abandon est désormais sévèrement réprimé, notamment lorsque l’animal est délaissé sur la voie publique dans des conditions susceptibles de mettre sa vie en péril. Ces amendes ont pour finalité d’inciter les propriétaires à une plus grande diligence, dans la mesure où l’abandon constitue l’une des principales causes de la prolifération des animaux errants en milieu urbain.
Toutefois, ces avancées législatives n’ont pas manqué de soulever une vive polémique au sein des associations et des acteurs engagés dans la défense animale. Ces derniers considèrent que la réponse au phénomène des errants ne saurait se réduire à un arsenal répressif, mais devrait s’accompagner d’une politique publique claire, intégrant stérilisation, vaccination, structures d’accueil et suivi vétérinaire. L’Association marocaine de protection des animaux insiste sur la nécessité d’une approche scientifique et institutionnelle, tout en mettant en garde contre certaines mesures du texte, qui pourraient produire des effets contraires à l’objectif recherché en l’absence d’alternatives adaptées.
«La controverse est particulièrement vive autour des dispositions relatives au nourrissage des animaux errants dans l’espace public, que certains articles encadrent de manière stricte», écrit Al Akhbar. De nombreuses voix issues de la société civile dénoncent une interdiction qui risquerait de priver les bêtes les plus vulnérables de secours indispensables, aggravant ainsi leur détresse. Les défenseurs du projet, en revanche, justifient ces restrictions par la nécessité de juguler la multiplication des animaux divaguant dans les cités et de préserver la santé ainsi que la sécurité des citoyens, confrontés quotidiennement à la présence de chiens et chats errants dans les rues.




