Le fait est manifeste. Le Polisario, relais armé de l’institution militaire algérienne, faux nez des appétits hégémoniques d’Alger, ne sait plus à quel saint se vouer. Les récentes évolutions internationales sur le Sahara marocain ont profondément rebattu les cartes, laissant les séparatistes dans une impasse stratégique inédite.
Le coup de massue qu’ont reçu le Polisario et son parrain algérien est venu de la dernière résolution des Nations unies, qui consacre le plan d’autonomie comme unique voie de règlement du dossier. Une légalité internationale désormais structurante, qui impose un cadre exclusif à toutes les négociations futures.
Depuis, les séparatistes sentent le vent tourner. Acculés à choisir entre la fuite en avant dans une confrontation militaire avec le Maroc — perdue d’avance — et l’acceptation de la nouvelle donne onusienne, ils se retrouvent contraints à une révision profonde de leurs stratégies.
Dans un contexte où les options se réduisent à la négociation pour une paix durable sous souveraineté marocaine ou à un refus autistique de la légalité internationale, le Polisario et le régime algérien viennent d’essuyer coup sur coup deux claques politiques majeures.
La première est venue de l’administration américaine. Le Polisario aurait récemment reçu un message sans ambiguïté de Washington: le seul cadre de travail possible demeure le plan d’autonomie marocain, et toute approche future doit s’inscrire sous le prisme de la souveraineté du Royaume. Ce signal s’est accompagné d’une mise en garde explicite: se conformer à cette nouvelle réalité ou courir le risque d’un classement sur la liste des organisations terroristes.
Le régime algérien, lui, était déjà dans le viseur américain lorsqu’un ultimatum de deux mois lui aurait été adressé, l’invitant à améliorer ses relations de voisinage et à participer positivement à la mise en œuvre du plan d’autonomie validé par les Nations unies.
«Le Polisario avoue ainsi être l’outil d’un régime qui cherche avant tout à empêcher toute réouverture du dossier des frontières héritées de la période coloniale, à une époque où une partie de l’Ouest algérien relevait historiquement de l’empire chérifien marocain. »
— Mustapha Tossa
Officiellement, Alger n’a pas répondu et continue de tergiverser, naviguant dans le clair-obscur de la posture ambiguë. Pour Washington, la participation algérienne à la prochaine table ronde prévue aux États-Unis — et les dispositions qu’elle devra y manifester — constituera un véritable test.
À ce stade, l’arsenal de persuasion américain repose sur deux leviers essentiels: exercer un maximum de pressions politiques et économiques sur un régime sommé de renoncer à ses réflexes agressifs, et achever la procédure visant à inscrire le Polisario parmi les organisations terroristes. Une telle mesure marquerait une rupture majeure dans la perception américaine des enjeux sécuritaires régionaux. Dans tous les cas, Alger devra tôt ou tard bouger ses lignes.
Le second électrochoc est venu d’Europe. Lors du Conseil d’association Maroc–Union européenne tenu à Bruxelles, les pays de l’UE ont adopté une position commune de soutien au plan d’autonomie. Pour la première fois, l’Europe s’exprime d’une seule voix sur le Sahara marocain, confortant une dynamique internationale de plus en plus favorable au Royaume.
L’Union européenne vient ainsi d’enfoncer un clou supplémentaire dans le cercueil politique des séparatistes. Le message adressé au duo Polisario–Alger est clair: les tentatives d’empoisonner la relation Maroc–UE à coups d’arguties juridiques sont vaines. L’Union traite économiquement et politiquement avec le Maroc de Tanger à Lagouira.
Ce nouveau positionnement européen influencera nécessairement l’ambiance générale au sein de l’Union africaine, qui, pour s’aligner sur la légalité internationale, devrait un jour expulser de ses rangs la fantomatique «République sahraouie», devenue, au fil de cette dynamique, un anachronisme diplomatique.
Face à cette situation, le Polisario oppose une communication brouillonne, oscillant entre dénégation obstinée et menaces à peine voilées contre son propre parrain algérien. Lorsqu’un de ses responsables alerte Alger en insinuant que, si le Maroc consolide sa souveraineté sur le Sahara, son «appétit» pourrait demain se tourner vers le Sahara oriental, le Polisario révèle malgré lui sa fonction réelle: un instrument de blocage au service de l’agenda algérien.
Il avoue ainsi être l’outil d’un régime qui cherche avant tout à empêcher toute réouverture du dossier des frontières héritées de la période coloniale, à une époque où une partie de l’Ouest algérien relevait historiquement de l’empire chérifien marocain. Un rappel récemment formulé par l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, élu à l’Académie française, et qui lui a valu, en retour, une peine d’emprisonnement ainsi qu’une des plus graves crises diplomatiques entre Paris et Alger.





