Inondations: pas de récupération électorale pour les aides d’urgence

Durant les dernières inondations à Tanger et Tétouan.(Y.Jaoual/Le360)

Revue de presseÀ l’approche des législatives, les partis politiques tentent de booster leur pré-campagne électorale, en exigeant du ministère de l’Intérieur et des autres départements gouvernementaux concernés d’accélérer le versement des aides d’urgence au profit de certaines familles sinistrées. Pour parer à cette instrumentalisation électoraliste, le ministère a transmis la totalité de la gestion de cette question aux seuls walis et gouverneurs. Les détails dans cette revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 11/08/2026 à 19h52

Durant la saison pluviale exceptionnelle que vient de connaître le Maroc, après plusieurs années de sécheresse, deux régions ont été particulièrement sinistrées par les inondations, le Gharb et le Nord, avec des milliers de familles déplacées. Ces dernières ont profité, en majorité, d’aides financières d’urgence, alors que d’autres attendent encore de remplir les conditions d’éligibilité à ces aides.

Des partis politiques, profitant de la proximité des législatives de septembre prochain, se sont engouffrés dans cette brèche en rivalisant de promesses auprès des familles sinistrées. C’est ainsi que certains députés sortants, selon des informations rapportées par le quotidien Assabah du 12 août, ont noyé les services compétents du ministère de l’Intérieur de questions et de lettres écrites, demandant des explications sur le retard du versement de certaines aides ou exigeant leur versement immédiat.

Face à l’instrumentalisation électoraliste de cette question, les autorités territoriales de certaines provinces relevant des régions de Rabat-Salé-Kénitra et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima ont mis un holà à l’instrumentalisation électoraliste des aides d’urgence. Ainsi, le ministère de l’Intérieur a décidé d’écarter les élus des provinces concernées du processus de versement, toujours en cours, des aides d’urgence aux familles sinistrées. Seuls les walis et gouverneurs, qui se contentaient jusqu’ici de simples signatures, s’occuperont désormais, et de bout en bout, de cette procédure.

Les partis politiques, ayant saisi les autorités gouvernementales concernées par le programme des aides d’urgence aux victimes des inondations, ont profité, mine de rien, d’un rapport du médiateur du Royaume sur les sinistrés n’ayant pas reçu d’aides, alors qu’ils remplissent les conditions pour ce faire et que les délais de versement ont été largement dépassés.

Dans son dernier rapport annuel, le médiateur du Royaume a noté que les plaintes de citoyens qu’il a reçues concernent, de plus en plus, les politiques publiques sociales, en particulier les programmes d’aides directes. Ainsi, les plaintes des citoyens en matière d’aides sociales ont atteint 623 cas, arrivant en 3e position derrière les plaintes financières (2 528) et administratives (2 387), et loin devant celles immobilières (544) et les jugements non exécutés (337).

Par La Rédaction
Le 11/08/2026 à 19h52