La dernière crise migratoire dans le préside occupé de Sebta, ainsi que le chaos provoqué sur les lieux, auraient été orchestrés par une vaste campagne numérique de manipulation, conjuguée à de fausses rumeurs virales diffusées sur les réseaux sociaux et par la messagerie instantanée WhatsApp.
À ce propos, la touche algérienne était repérable à travers l’indicatif des numéros de téléphone utilisés pour coordonner les opérations numériques sur la Toile.
«C’est du moins ce que révèle un rapport intitulé NII-OSINT-CEU-2026-001, établi par un chercheur espagnol à l’aide de l’outil OSINT (Open Source Intelligence)», rapporte le quotidien Assabah dans son édition du mardi 4 août.
«Les traces numériques de la campagne de manipulation ont été repérées le 28 juillet via un groupe de messagerie instantanée WhatsApp, composé d’environ 2 300 membres et piloté par un numéro de téléphone portant l’indicatif international d’une compagnie de télécommunications algérienne», relève le rapport.
Trois jours plus tard, poursuit la même source, un autre groupe de messagerie instantanée WhatsApp, comprenant 1 480 membres, a également été identifié.
Ce dernier groupe, administré lui aussi par un numéro de téléphone algérien, a rapidement changé la cible de l’attaque vers Melilia, après le durcissement du contrôle aux frontières du préside occupé de Sebta, constate le rapport. L’identité des administrateurs des deux groupes, fait remarquer la même source, n’a pas été déterminée.
En ce qui concerne l’outil de communication utilisé dans ces deux groupes, le rapport précise que «le dialecte arabe marocain et la langue arabe classique étaient les principaux moyens de communication, en plus de quelques échanges et commentaires en langue française».
La mission des deux groupes, précise la même source, ne se limitait pas à la diffusion et à la rediffusion des appels au passage et des rumeurs d’ouverture des frontières sur les réseaux TikTok, Facebook et WhatsApp, mais portait également sur la coordination des opérations sur le terrain, l’organisation des rendez-vous et la constitution de petits groupes. Les messages échangés se référaient aussi aux précédentes opérations orchestrées dans ce cadre, dans des zones montagneuses proches des frontières.
Le rapport en question conclut que cette campagne de manipulation s’est caractérisée par sa capacité à passer du virtuel au réel et à s’adapter aux aléas du terrain, en plus de ses connexions transfrontalières et de la continuité de ses activités sous de nouvelles formes.




