Le 6 novembre 1975, le roi Hassan II prenait la tête de qu’il est convenu d’appeler la Marche verte. Une vaste opération de mobilisation aux fins d’afficher, haut et clair et jusque sur le terrain, la marocanité des provinces du Sud. Quarante-cinq ans plus tard, le roi Mohammed VI s’est adressé à la Nation pour célébrer l’évènement mais surtout pour faire le point, comme on dit, sur ce dossier sensible pour le Maroc et pour les Marocains.
Le discours du 7 novembre mérite de retenir l’attention à raison des accents qu’il met sur trois points au moins: politique, économique et social.
Le Roi souligne, d’abord, le caractère politique du conflit qui oppose le Maroc à ses voisins depuis la fin du processus de décolonisation. La solution militaire est à exclure. Seule une solution politique et donc pacifique est à privilégier. Elle peut se dégager sous l’égide des Nations Unies et avec l’appui de la communauté internationale. Si la volonté existe de clore le différend, il est temps de quitter le registre des incantations et de faire preuve, à l’instar du Conseil de sécurité, d’un minimum de réalisme. Comment ne pas élaborer, dans cet esprit et dans les termes mêmes de la Constitution, un statut de large autonomie pour les provinces du Sud? Cette solution pragmatique et pacificatrice est à portée de mains si les partenaires veulent faire preuve d’un peu de bonne volonté.
Le Roi relève, ensuite, les enjeux économiques de l’opération. Le Sahara, souligne-t-il, jouxte la «façade atlantique du Sud marocain». Il a tous les atouts pour devenir la force motrice d’un «développement régional et continental». L’exemple de Tanger-Med, désormais premier port d’Afrique, est présent à tous les esprits. Dakhla Atlantique devrait s’inscrire dans son sillage. Il va de soi que les efforts réalisés, ces dernières années, pour déterminer le cadre et les dimensions de l’espace maritime marocain ne peuvent que contribuer à la réalisation de cet objectif.
On l’a moins souligné. Le Roi profite aussi du quarante-cinquième anniversaire de la Marche verte —350.000 personnes en marche…— pour en appeler à la «mobilisation collective», faite d’«engagement» et de «discipline», du peuple marocain. C’est dire que la préservation de «l’intégrité territoriale du pays», sa sécurité et sa stabilité ne dépendent pas uniquement des positions prises par les autorités publiques. Elles sont aussi tributaires du comportement et de l’adhésion du peuple.
En un mot, en marche dans le Maroc d’aujourd’hui!




