Dialogue social: réduction du temps de travail pour les agents de sécurité privés

Lors d'une réunion de l'Exécutif avec les partenaires sociaux, dans le cadre de la session d'avril du dialogue social, le 17 avril 2026.

Revue de presseLors de la session d’avril du dialogue social, Younes Sekkouri, ministre de l’Emploi, a décrit les grandes lignes d’une avancée sociale majeure: une réduction des horaires pour près d’un million d’agents de sécurité privés, dont le temps de travail se réduira de quatre heures, passant de 12 à 8 heures quotidiennes. Une mesure qualifiée d’«audacieuse» et de «nécessaire» par le ministre, ce qui permettra de mettre fin à plus de deux décennies d’une exception jugée injuste. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 19/04/2026 à 17h38

Vendredi 17 avril dernier, à la réunion d’ouverture de cette session mensuelle du dialogue social entre différents membres du gouvernement, les principales centrales syndicales, des représentants de la fédération patronale (CGEM), un accord historique a été scellé avec la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (Comader). Cet accord prévoit une modification des dispositions du Code du travail, afin d’abolir une dérogation vieille de plus de vingt ans, qui imposait jusqu’alors des journées de travail quotidiennes de 12 heures aux agents travaillant dans des entreprises de sécurité privée.

Younes Sekkouri, a salué cette décision, qu’il a qualifiée d’«à la fois audacieuse et indispensable», qui vient mettre un terme à des dispositions injustes qui perduraient depuis près de deux décennies, relaie Al Akhbar de ce lundi 20 avril. Le ministre de l’Emploi a toutefois tenu à insister sur le fait que cette réforme aura pour conséquence une hausse des budgets affectés à ces services d’environ 50%. Toutefois, cette avancée s’inscrit, a-t-il souligné, dans une vision plus globale, et répond à de «hautes orientations royales, visant à rendre justice à la classe laborieuse, préserver sa dignité et renforcer les droits des citoyens».

Cette réforme consiste à réviser les dispositions de l’article 197 de la loi n° 65.99 relative au Code du travail, et impose désormais une réduction du temps de travail quotidien de douze à huit heures pour les salariés des sociétés privées dont le contrat relève des dispositions de la loi n° 27.06. Cette mesure, qui entre en vigueur en 2027, sera effective suite à sa promulgation, après une phase transitoire qui permettra d’adapter les contrats et les engagements en cours.

L’institutionnalisation du dialogue social et de la mise en œuvre de la charte nationale a permis au gouvernement de convier les syndicats, la CGEM et la Comder à une série de réunions à cette session du mois d’avril 2026. Cette série de réunions est présidée par le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, qui, au cours de ces échanges, a établi un bilan détaillé des sessions du dialogue social qui ont été menées tout au long du mandat de l’équipe gouvernementale.

Aziz Akhannouch a rappelé que des augmentations salariales avaient été accordées aux fonctionnaires, aux personnels des collectivités territoriales et à ceux des établissements publics, à hauteur de 1.000 dirhams mensuels, reversés en deux étapes, ainsi qu’une revalorisation des allocations familiales. Le chef du gouvernement a également mentionné l’augmentation du salaire minimum dans cette rubrique des masses salariales du budget de l’État, l’ensemble de ces mesures totalisant un coût total de 14,8 milliards de dirhams, indique Al Akhbar.

Les sessions sectorielles du dialogue social ont par ailleurs permis d’améliorer les revenus des fonctionnaires, dont ceux de l’Éducation nationale —avec une enveloppe dépassant 18,47 milliards de dirhams—, de la Santé (4 milliards de dirhams) et de l’enseignement supérieur (2 milliards de dirhams par an).

Par Hassan Benadad
Le 19/04/2026 à 17h38