Le président américain estime que l’île communiste, située à 150 kilomètres des côtes de Floride, continue de représenter «une menace extraordinaire» pour la sécurité nationale des États-Unis.
Il a réitéré vendredi, à l’occasion d’un discours, sa menace de «prendre le contrôle» de Cuba, suggérant qu’un porte-avions américain pourrait s’y arrêter «sur le chemin du retour d’Iran».
Les nouvelles sanctions américaines, qui figurent dans un décret présidentiel et sont destinées à renforcer la pression sur La Havane en pleine crise économique, ciblent notamment les banques étrangères qui collaborent avec le gouvernement cubain, et imposent des restrictions en matière d’immigration.
Dans ce décret, Donald Trump impose des sanctions à l’encontre de personnalités et entités impliquées dans les secteurs de l’énergie, des mines et d’autres secteurs de l’île, ainsi que contre toute personne reconnue coupable de «violations graves des droits de l’homme».
Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, les a qualifiés sur X d’«illégales» et «abusives».
We firmly reject the recent unilateral coercive measures adopted by the #UnitedStates government. These actions demonstrate an intention to impose, once again, collective punishment on the Cuban people.
— Bruno Rodríguez P (@BrunoRguezP) May 1, 2026
It is no coincidence that these measures were announced on May 1, the very… pic.twitter.com/7iaaJ0GXLM
«Ce n’est pas un hasard si ces mesures ont été annoncées le 1er mai, le jour même où des millions de Cubains sont descendus dans la rue pour dénoncer le blocus américain et le siège énergétique», a-t-il ajouté.
Outre l’embargo américain en vigueur depuis 1962, Washington, qui ne cache pas son souhait de voir un changement de régime à La Havane, impose depuis janvier à Cuba un blocus pétrolier, n’ayant autorisé depuis lors l’arrivée que d’un seul pétrolier russe.
Vendredi matin, un défilé a été organisé face à l’ambassade des États-Unis à La Havane, à laquelle ont participé le dirigeant révolutionnaire Raul Castro, 94 ans, et le président cubain Miguel Diaz-Canel.
Quien quiera saber qué es #Cuba, quien quiera conocernos de verdad, que vea los desfiles y actos de este #PrimeroDeMayo; que lea, una por una, las 6 millones 230 mil firmas por la paz, contra el bloqueo y contra la guerra.
— Miguel Díaz-Canel Bermúdez (@DiazCanelB) May 1, 2026
Quien quiera saber lo que es un pueblo trabajador… pic.twitter.com/O6dIklyVh6
Les autorités ont revendiqué un demi-million de participants à La Havane, un chiffre que l’AFP n’était pas en mesure de vérifier de façon indépendante. Des Cubains se sont également mobilisés dans les principales villes du pays.
«La patrie, on la défend»
Sous le mot d’ordre «la patrie, on la défend», le pouvoir avait convoqué des employés d’entreprises d’État, fonctionnaires, membres du Parti communiste cubain (PCC, unique) à converger dès l’aube vers une esplanade baptisée «tribune anti-impérialiste» et située face à la mission diplomatique américaine.
«La réponse du peuple a été forte, juste devant l’ambassade des États-Unis», s’est réjouie auprès de l’AFP Lidice Guridis, une employée de 42 ans.
Déjà secouée par une profonde crise économique sous l’effet conjugué du renforcement des sanctions américaines sous le premier mandat de Donald Trump (2017-2021), des faiblesses structurelles de son économie centralisée et d’une réforme monétaire ratée, l’île de 9,6 millions d’habitants a vu son activité quasiment paralysée depuis fin janvier.
Le tourisme, importante source de devises, s’est effondré de moitié depuis le début de l’année, la production de nickel et de cobalt est à l’arrêt, tandis que le secteur du tabac, autre secteur d’exportation, souffre du manque de carburant.
«Face à l’immensité des restrictions qui cherchent à nous étouffer et à nous faire capituler devant des menaces irrationnelles de guerre et de mort, ce 1er Mai confirme que nous (...) résistons!», a lancé à la tribune le dirigeant du syndicat des travailleurs de Cuba, Osnay Miguel Colina.
🇨🇺#LaPatriaSeDefiende pic.twitter.com/ZL1nCVdYGN
— Miguel Colina (@Colina_CTCuba) May 1, 2026
Des discussions entre les deux pays ont néanmoins eu lieu le 10 avril à La Havane à un haut niveau diplomatique. À cette occasion, un responsable américain s’est également entretenu avec Raul Guillermo Rodriguez Castro, le petit-fils de Raul Castro, également présent au défilé du 1er Mai.
Pendant le rassemblement, le pouvoir a affirmé avoir collecté ces dernières semaines plus de 6 millions de signatures de Cubains «pour la patrie et pour la paix», dont une compilation a été remise à Raul Castro et au président Diaz-Canel.
Des opposants mettent toutefois en doute les conditions de collecte de certaines signatures.




