Séisme au Japon: le bilan atteint 30 morts, les rescapés piégés par la chaleur

Poursuite des opérations de secours dans la préfecture de Kumamoto le 30 juillet. AFP or licensors

Le bilan du puissant séisme survenu mardi dans le sud-ouest du Japon est monté à 30 morts, a annoncé jeudi le gouvernement, tandis que des milliers de rescapés affrontent désormais une chaleur accablante, sans eau ni électricité dans plusieurs secteurs de l’île de Kyushu.

Le 30/07/2026 à 07h05

Le tremblement de terre, évalué à une magnitude de 7,1 par l’Agence météorologique japonaise et à 6,8 par l’Institut d’études géologiques des États-Unis, a frappé mardi le département de Kumamoto. La secousse a détruit des habitations, endommagé des ponts, provoqué des incendies et coupé les réseaux d’eau et d’électricité dans une partie de la région. 17 décès ont été confirmés par la préfecture, tandis que le bilan global atteint 30 morts en incluant les cas encore examinés comme possiblement liés à la catastrophe.

À Kashima, dans le département de Kumamoto, les recherches se poursuivent dans les décombres du centre commercial Aeon, ravagé par une explosion environ 50 minutes après le séisme. L’établissement avait été évacué après la première secousse, mais des employés se trouvaient encore à l’intérieur au moment de la déflagration.

«Nous avons sorti 10 personnes. Parmi elles, quatre ont été déclarées mortes. Une autre ne présentait plus de signes vitaux. Cinq autres ont subi des blessures, légères ou graves», a déclaré à l’AFP un responsable du bureau régional de gestion des catastrophes. Des images tournées à l’intérieur du centre commercial montrent des secouristes en combinaison orange et casque blanc progressant avec précaution au milieu de tiges d’acier tordues, de câbles pendants et de plafonds éventrés.

Reuters rapporte que l’exploitant Aeon examine l’hypothèse d’une fuite de gaz. Le président du groupe, Akio Yoshida, a indiqué que 3.000 clients avaient été évacués dans la demi-heure suivant le séisme, mais que certains salariés étaient restés ou étaient retournés dans le bâtiment. Des sauveteurs ont signalé une odeur de gaz, et les autorités enquêtent pour comprendre comment une telle explosion a pu se produire dans un site récemment rénové et présenté comme renforcé contre les séismes.

L’homme d’affaires Fumihiko Matsuura, 56 ans, a indiqué avoir vu le dernier film Toy Story dans ce centre commercial une semaine auparavant environ. «C’est comme si j’avais échappé de peu au danger», a-t-il confié à l’AFP.

À Yatsushiro, cinq décès ont également été confirmés à l’usine de Nippon Paper, où une partie d’une cheminée industrielle s’est effondrée, selon un responsable gouvernemental cité par l’AFP. Reuters indique que cette usine et le centre commercial Aeon concentrent une grande partie des victimes.

Jeudi matin, quelque 22.670 foyers et installations restaient privés d’électricité, tandis qu’environ 84.000 foyers subissaient mercredi soir des coupures d’eau. Des images télévisées montraient des habitants faisant la queue pour obtenir de l’essence et de l’eau potable, alors que les températures devraient atteindre 38°C ce week-end dans la région. Reuters rapporte que les Forces d’autodéfense japonaises ont commencé à installer environ 300 unités de climatisation dans les centres d’évacuation et dans des sites essentiels.

Dans la ville d’Uki, des centaines de personnes âgées dormaient sur de légers matelas à même le sol d’un centre communautaire, cherchant un refuge contre la chaleur écrasante. «Dieu merci, ces centres d’accueil existent», confie à l’AFP une résidente souhaitant garder l’anonymat, à côté de voisins assoupis entre les chaises ou rassemblés autour d’une télévision. Elle avait tenté de rester chez elle ou de se reposer dans sa voiture, «mais il fait trop chaud et il y a trop de moustiques». «Avec cette chaleur, c’est très dur de se retrouver sans électricité ni climatisation», abonde Hiroyuki Matsushima, 53 ans, employé de supermarché et père de quatre enfants.

La Première ministre Sanae Takaichi a affirmé que les secours étaient engagés dans une «course contre la montre» pour retrouver d’éventuels survivants. Plus de 4.500 membres des Forces d’autodéfense ont été déployés dans la zone sinistrée, dont environ 170 autour du centre commercial Aeon.

Le séisme a aussi perturbé plusieurs sites industriels du sud du Japon. Reuters signale des suspensions d’activité chez Toyota, Honda, Nissan, Aisin, Sony, Renesas et TSMC, le temps d’évaluer les dégâts et de sécuriser les installations. Cette région de Kyushu est devenue un pôle important pour l’automobile et les semi-conducteurs, deux secteurs dont les chaînes d’approvisionnement n’avaient évidemment pas besoin d’un nouveau test de résistance, mais la planète adore les rediffusions.

Le département de Kumamoto avait déjà été frappé en 2016 par deux séismes dévastateurs qui avaient fait 273 morts et plus de 2.800 blessés. Situé à la jonction de grandes plaques tectoniques, le Japon demeure l’un des pays les plus exposés aux tremblements de terre. La plupart des secousses y sont faibles, mais les plus violentes rappellent régulièrement les limites de la préparation humaine face à la géologie.

Par Le360 (avec Agences)
Le 30/07/2026 à 07h05