Les deux pays riverains du détroit cherchent à réguler la navigation dans cette voie maritime, toujours verrouillée par Téhéran, qui est au cœur de la guerre au Moyen-Orient.
Alors que le conflit dure depuis près de six mois, Washington a intensifié la pression économique avec un nouveau train de sanctions «secondaires» annoncé cette semaine, touchant non pas directement l’Iran mais ses partenaires commerciaux, sur l’or, la technologie, les actifs numériques, l’aviation et le transport maritime.
A Mascate, les ministres iranien et omanais des Affaires étrangères ont discuté mardi d’un accord-cadre établissant un «couloir temporaire» et prévoyant une opération de déminage, selon un communiqué conjoint.
Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi, a dit sur X espérer «annoncer bientôt» un nouveau couloir de navigation, ainsi «que des modalités pratiques afin de rétablir une navigation sûre».
Constructive dialogue in Tehran with my colleague Dr @Araghchi. I am hopeful we will soon announce a temporary corridor for the Strait of Hormuz and practical arrangements to restore safe navigation. Future management of the Strait and a permanent solution will follow in due… pic.twitter.com/UBkKE2j4SL
— Badr Albusaidi - بدر البوسعيدي (@badralbusaidi) August 25, 2026
Des négociations se poursuivront pour établir un couloir «permanent» et définir «la future gestion du détroit», ainsi qu’un mécanisme de «fourniture des services de navigation et de sécurité nécessaires», ajoute le texte.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a souligné mardi sur X que lors de négociations avec les partenaires omanais et pakistanais, «l’accent a été mis sur des solutions régionales». «Le cadre proposé pour un nouveau corridor, le déminage conjoint et la gestion future du détroit d’Ormuz en sont une parfaite illustration».
Iran’s commitment to peace and stability is matched by steadfast diplomacy with our neighbors. In talks with Pakistani and Omani guests, regional solutions were stressed.
— Seyed Abbas Araghchi (@araghchi) August 25, 2026
Proposed framework for new corridor, joint mine-clearing, and future management of Hormuz is case in point. pic.twitter.com/5VYzRp1DzY
Mais le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a prévenu Washington tôt mercredi sur X: «Avant toute action visant à rouvrir le détroit d’Ormuz, les Etats-Unis doivent mettre pleinement en œuvre l’ensemble des engagements qu’ils ont violés».
«Le détroit d’Ormuz ne sera rouvert qu’en échange de la fin de la guerre sur tous les fronts, de la levée du blocus et d’un règlement de la situation au Yémen.»
Il a ajouté que la réponse de l’Iran aux sanctions américaines serait de «viser leurs intérêts économiques».
«Mines retirées», selon Trump
Sur son réseau social, Donald Trump avait, lui, affirmé que, selon la marine américaine, «toutes les mines avaient été retirées et/ou détruites dans les eaux internationales du détroit d’Ormuz».
«L’Iran a été informé que tout navire ou bateau posant de nouvelles mines (serait) (...) détruit», a-t-il ajouté.
Plus tôt, il avait assuré que le détroit était sous contrôle américain - ce que Téhéran a démenti - et menacé Oman de bombardements si le sultanat se mettait «en travers» de la route des Etats-Unis sur Ormuz.
Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a dit lundi la volonté de Washington de «couper toutes les ressources économiques» de l’Iran.
.@SecScottBessent: "This is a sustained campaign to collapse every last option for Iran. Let there be no ambiguity as to the position of the United States: an economic engagement of any kind with this murderous regime will expose those responsible to the full reach of American… pic.twitter.com/tlx2gcNs1d
— Treasury Department (@USTreasury) August 24, 2026
En Iran, déjà éprouvé par des décennies de sanctions internationales, de nombreux automobilistes et motards se sont pressés mardi dans les stations-service de Téhéran.
Malgré les informations toujours contradictoires, les opérateurs ont poussé le pétrole en baisse de plus de 2% mercredi dans un regain d’optimisme, le Brent s’installant sous les 90 dollars.
La guerre a été déclenchée fin février par des frappes israélo-américaines sur l’Iran, qui a riposté en frappant des pays alliés de Washington dans la région et en verrouillant le détroit d’Ormuz.
Au cœur du conflit, le stratégique détroit, par lequel transitait auparavant un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est verrouillé par Téhéran quasiment sans interruption depuis six mois, ce qui a entraîné une envolée des prix du pétrole et une pression accrue sur Donald Trump aux Etats-Unis, à l’approche des élections de mi-mandat de novembre.
Washington mène en retour un blocus des ports iraniens.
Téhéran a exclu tout retour à la situation d’avant-guerre dans le détroit.




