«Nous déclarons à tous les pays autour de nous et à tous les pays du monde: ne vous joignez pas à la guerre économique menée par les États-Unis», a déclaré M. Rezaï à la télévision d’État, après l’annonce par Washington d’un renforcement massif des sanctions visant à isoler Téhéran.
Si les pays concernés refusaient de «prendre leurs distances» avec les États-Unis, l’Iran porterait «atteinte à leurs intérêts», a-t-il poursuivi. Cette mise en garde vise en premier lieu les États voisins susceptibles d’appliquer les futures sanctions américaines, de couper leurs échanges avec l’Iran ou de faciliter le blocus imposé par Washington.
«Nous n’avons encore attaqué aucun intérêt économique américain. Jusqu’à présent, nous n’avons ciblé que des bases militaires», a affirmé Mohsen Rezaï. Mais si Washington tente d’étouffer davantage l’économie iranienne, «les États-Unis possèdent des entreprises pétrolières et économiques autour de l’Iran et ailleurs, et nous les frapperons», a-t-il menacé.
Il a également averti que toute nouvelle initiative de Donald Trump provoquerait une riposte d’une ampleur exceptionnelle. «S’il mène une action contre nous, notre confrontation sera comme un séisme», a-t-il déclaré. Nommé en août à la tête de la principale instance de sécurité iranienne, l’ancien commandant des Gardiens de la Révolution adopte ainsi une ligne particulièrement dure.
Une riposte aux sanctions annoncées par Washington
Le ministère iranien des Affaires étrangères avait déjà accusé jeudi les États-Unis de «terrorisme économique». Son porte-parole, Esmaïl Baghaï, a ensuite affirmé que les sanctions secondaires envisagées ne reposaient sur «aucun fondement en droit international» et revenaient à imposer une souveraineté américaine extraterritoriale aux autres États.
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a promis les «sanctions les plus sévères de l’histoire» et affirmé que Washington ferait «s’effondrer le régime» iranien. Il doit présenter lundi les nouvelles mesures, près de six mois après le début de la guerre déclenchée le 28 février par les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran.
L’administration Trump cherche notamment à couper les exportations pétrolières iraniennes, les transactions financières et les voies de contournement utilisées par Téhéran. Elle a appelé ses alliés, mais aussi la Chine, à participer à cette opération d’isolement.
Pékin constitue le principal défi. La Chine achète plus de 80% du pétrole iranien transporté par mer, selon les données de Kpler pour 2025. Elle a rejeté la stratégie américaine, estimant que les «sanctions et la pression» ne permettraient pas de résoudre le conflit et appelant à une issue diplomatique.
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Les pays du Golfe directement avertis
Les menaces de Mohsen Rezaï interviennent alors qu’un partenaire commercial majeur de l’Iran a déjà rejoint le mouvement. Les Émirats arabes unis ont annoncé mardi la suspension, jusqu’à nouvel ordre, de «tous les échanges commerciaux et de toutes les transactions financières» avec Téhéran.
Cette décision est particulièrement lourde pour l’économie iranienne. Les Émirats constituent, après la Chine, l’un des principaux partenaires de l’Iran et un point d’accès essentiel aux marchandises, aux devises et aux circuits commerciaux internationaux. La menace iranienne prend donc une dimension immédiate pour les monarchies du Golfe.
La confrontation économique se confond désormais avec la bataille autour du détroit d’Ormuz. Le trafic y demeure très fortement perturbé, tandis que l’Iran utilise le contrôle de cette voie stratégique comme principal levier face au blocus américain. Téhéran a toutefois autorisé plusieurs pétroliers irakiens à franchir le détroit après des demandes répétées de Bagdad.
Les déclarations de Mohsen Rezaï élargissent ainsi le champ potentiel des représailles iraniennes. Elles ne visent plus seulement les forces américaines, mais aussi les entreprises pétrolières, les infrastructures économiques et les intérêts des États qui appliqueraient la stratégie de Washington.
Les États-Unis affirment que la pression économique maximale pourrait réduire la probabilité d’une reprise immédiate des bombardements. Les menaces iraniennes montrent cependant que cette stratégie risque d’ouvrir un nouveau front contre les échanges, l’énergie et les intérêts commerciaux de toute la région.




