La température moyenne à la surface des océans, qui couvrent les deux-tiers de la planète, a atteint 20,98°C en moyenne en juin, battant le précédent record de juin 2024 (20,89°C). Le premier semestre 2026 dans son ensemble est le deuxième plus chaud jamais enregistré, juste derrière les six premiers mois de 2024.
«Les conditions actuelles pourraient indiquer le début d’une nouvelle phase, nous conduisant, une fois de plus, en territoire inconnu», a prévenu Carlo Buontempo, directeur du Service Copernicus sur le changement climatique, cité dans un communiqué.
Ocean temperatures in 2026 have reached levels not previously observed in the satellite record. Marine heatwaves are intensifying across multiple regions.
— Copernicus Marine (@CMEMS_EU) June 29, 2026
On 30 June, @MercatorOcean scientists will present a mid-year assessment: sea-surface conditions, regional heatwaves and… pic.twitter.com/VLcutDV3Ym
«Avec des températures océaniques à ces niveaux et El Niño à l’horizon, nous devrions voir d’autres records de température tomber dans les mois à venir», a-t-il ajouté.
Les températures ont été particulièrement élevées en juin dans le centre et l’est du Pacifique équatorial, la zone qui subit de plein fouet l’effet d’El Niño, phénomène climatique naturel qui réchauffe les eaux de surface, entraînant des épisodes de sécheresse, inondations et températures record dans le monde.
L’océan Pacifique tropical a ainsi enregistré son premier semestre le plus chaud de l’histoire (26,91°C), battant d’un cheveu le précédent record établi en 2016.
«Parmi les années les plus chaudes»
Selon les experts, El Niño, nommé ainsi en référence à l’enfant Jésus, parce que le phénomène a d’abord été observé autour de la période de Noël, pourrait devenir en fin d’année l’un des plus intenses jamais enregistrés.
«Avec l’arrivée d’une année El Niño (...), on peut s’attendre à ce que 2026 figure parmi les années les plus chaudes jamais enregistrées», a déclaré Simon van Gennip, océanographe à Mercator Ocean International, au cours d’une conférence de presse en ligne.
El Niño confirmation: @WMO has confirmed the onset of El Niño, warning it could drive hotter temperatures and more extreme weather worldwide. It’s urgent that countries invest in early warning systems to help communities prepare. #Climate #ElNiño pic.twitter.com/P8jESwBXRo
— UN News (@UN_News_Centre) June 2, 2026
«Il est encore impossible de dire de combien exactement», a-t-il ajouté.
En 2024, dernière année en date marquée par ce phénomène, la température moyenne à la surface des océans avait atteint un niveau record de 20,9°C en moyenne, avant de reculer légèrement l’année suivante, selon les statistiques de Copernicus.
Ce phénomène climatique naturel, qui revient tous les deux à sept ans, s’ajoute à une tendance de fond de réchauffement des océans, dû à l’accumulation de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Les océans jouent en effet un rôle de régulateur du climat en absorbant 90% de la chaleur excédentaire générée par les activités humaines, notamment la combustion de pétrole, de gaz et de charbon.
Canicule marine
Depuis le début de l’année, les quatre cinquièmes (82%) de l’océan mondial ont connu des vagues de chaleur marines. Près de la moitié de la surface océanique a souffert de canicules fortes à extrême. L’océan pacifique tropical et la mer Méditerranée ont été particulièrement touchés.
Mer fermée, très sensible aux évolutions de l’atmosphère, la Méditerranée a ainsi connu des vagues de chaleur sur quasiment toute sa surface (98%) au premier semestre, et un record de température en juin 2026 à 24,34°C.
🌊 #CaniculeMarine : les mers européennes affichaient fin mai des T°C dignes du plein été. Un phénomène qui favorise l’évaporation, perturbe les écosystèmes marins et peut accentuer certains épisodes météo extrêmes. 📡 Données : Copernicus Marine Service pic.twitter.com/Dvsm1JwdjI
— La Chaîne Météo (@lachainemeteo) June 3, 2026
Le nord-ouest de la Méditerranée, en particulier, est touché par une vague de chaleur qui a atteint un pic d’intensité record pour la zone lundi, avec une moyenne de 5,2°C de différence avec les valeurs normales, a indiqué mardi l’Institut des Sciences de la Mer (CSIC), basé à Barcelone, soulignant que ce record était dû en grande partie à la canicule que vient de traverser l’Europe.
Les canicules marines mettent à rude épreuve les espèces marines les moins mobiles, allant jusqu’à provoquer des mortalités massives chez les coraux, les gorgones, les oursins, les mollusques, etc.
«Il est important de surveiller ces phénomènes (de canicule marine, ndlr), car ils ont des répercussions importantes sur la météo», a pointé M. Van Gennip, ajoutant que ces températures élevées pouvaient «fournir une énergie supplémentaire à l’atmosphère» pour créer des «circonstances favorables» à des phénomènes de pluies extrêmes, de type «épisodes méditerranéens».
Le réchauffement des océans dilate l’eau, ce qui élève le niveau de la mer. Il aggrave aussi des phénomènes météorologiques extrêmes comme les pluies intenses ou les cyclones.




