Pendant une mission de cinq heures, «les forces américaines ont frappé des cibles militaires» dans plusieurs villes portuaires du sud de l’Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas, a détaillé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans la matinée.
— U.S. Central Command (@CENTCOM) July 14, 2026
Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d’Ormuz, selon l’agence de presse iranienne Irna.
Parmi les objectifs ciblés figurent «des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes», selon le Centcom.
«Nous allons les frapper fort ce soir, et nous allons les frapper fort demain», avait déclaré lundi Donald Trump dans une interview radio. Pour le président américain, les dirigeants iraniens «ne peuvent absolument rien faire contre» ces frappes.
Comme la veille, les Gardiens de la Révolution iraniens ont, eux, revendiqué une opération à Bahreïn - entre autres contre un bâtiment hébergeant les troupes américaines sur la base de Juffair.
L’armée idéologique iranienne a également annoncé avoir ciblé en Jordanie «des installations clés et les forces américaines sur une base aérienne jordanienne», dans un communiqué cité par l’agence Tasnim. L’armée jordanienne a annoncé pour sa part l’interception de quatre missiles iraniens.
IRGC issues message to Jordanian people
— Tasnim News Agency (@Tasnimnews_EN) July 14, 2026
The IRGC said it targeted key facilities and the location of US forces at an air base in Jordan with ballistic missiles during the third phase of the second wave of Operation Nasr 2, while addressing a message to the Jordanian people. pic.twitter.com/7hDqBDzKL7
Deux pétroliers attaquent
Dans le détroit d’Ormuz, les Émirats arabes unis ont déploré des attaques de missiles iraniens contre deux de leurs tankers, tuant un membre d’équipage indien.
Malgré ces échanges de frappes, Donald Trump a tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu’un accord avec l’Iran était encore «possible».
Avant cela, il avait annoncé sur Truth Social que les États-Unis prendraient le contrôle du détroit d’Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli.
Il entrera en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l’armée américaine.
Tout comme Téhéran souhaite instaurer un péage pour traverser Ormuz, le président américain a dit vouloir percevoir en échange de la protection du détroit «une rémunération correspondante à 20% de la valeur des cargaisons», contrairement au droit international censé garantir la liberté de navigation.
Le pétrole remonte
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dont le pays a pris le contrôle du détroit au début de la guerre, a rétorqué sur X: «L’Iran a toujours été le gardien du détroit et le reste pour toujours».
Donald Trump «a tout à fait raison. Quiconque assure le passage et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz devrait être rémunéré», a t-il ironisé, ajoutant: «20%, c’est évidemment trop. Nous serons équitables».
POTUS is absolutely right. Whoever provides secure and safe passage of commercial vessels through the Strait of Hormuz should be compensated for this service.
— Seyed Abbas Araghchi (@araghchi) July 13, 2026
Iran has always been the GUARDIAN of the Strait and will remain so FOREVER.
20% is of course too much. We will be fair
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont accusé les États-Unis de mettre en péril l’approvisionnement mondial en pétrole.
Au lendemain d’une envolée spectaculaire de plus de 9%, les cours du pétrole continuaient leur ascension dans ce contexte. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, gagnait 1,19% à 84,29 dollars vers 02H00 GMT.
Après quasiment 40 jours de bombardements dans le conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur début avril, avant d’être entériné le 17 juin par un protocole d’accord.
Mais depuis des attaques survenues mardi contre des navires tentant de franchiser Ormuz, les affrontements ont repris avec une intensité inédite depuis des semaines, faisant dire à Donald Trump que le cessez-le-feu était «terminé».
La semaine dernière, le président américain a d’ailleurs envoyé une notification officielle au Congrès indiquant que le conflit avec l’Iran avait eu des représailles, a confirmé la Maison Blanche à l’AFP.
Et au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi, selon un décompte de l’AFP à partir des médias iraniens et sources officielles.
Protocole d’accord «en crise»
Pour le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, «il ne fait aucun doute» que le protocole d’accord «est en crise».
Le mensonge comme arme politique : L'Iran recadre les États-Unis
— IranToday French (@irantodayfr) July 13, 2026
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a déclaré que la tromperie était devenue un comportement récurrent au sein de l’establishment politique américain.#Iran pic.twitter.com/uJfg7whxvS
«Mais l’Iran n’a jamais été le premier à violer ses engagements», a t-il tancé lors d’une conférence de presse lundi à Téhéran à laquelle assistait l’AFP.
Les consultations avec les médiateurs que sont le Qatar, le Pakistan et Oman se poursuivent afin de «prévenir une escalade», a-t-il cependant assuré.
Le protocole d’accord prévoyait la réouverture du détroit, Téhéran n’autorisant toutefois qu’un seul couloir de navigation, le long de ses côtes.
«Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d’Iran le protègera», avait averti dimanche le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaï.
« Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République Islamique d'#Iran le protégera », a déclaré le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaï, cité par l'agence #Isna.https://t.co/kvyostjxIS#news #actu #info… pic.twitter.com/Lyt40Cgnap
— Juan Agullo (@JuanAgulloRens) July 12, 2026




