Le Belgo-Marocain Oussama Atar serait le coordinateur des attentats de Paris et Bruxelles

En 2010, plusieurs députés belges de gauche et centre-gauche, ont participé à un lobbying intense en faveur de la libération d'Oussama Atar, emprisonné dans une geôle irakienne. . DR

Un jihadiste belgo-marocain, Oussama Atar, est considéré par les enquêteurs comme l'un des coordinateurs depuis la Syrie des attentats de Paris et Bruxelles, a-t-on appris mardi de sources proches de l'enquête.

Le 08/11/2016 à 12h25

Les enquêteurs pensent que derrière le nom de guerre "Abou Ahmad" cité dans les investigations, se cache ce vétéran du jihad, aujourd'hui membre de l'organisation Etat islamique qui avait revendiqué les attentats du 13 novembre à Paris et ceux du 22 mars à Bruxelles.

Il est le seul coordinateur depuis la Syrie à avoir été identifié en l'état des investigations", a précisé une des sources.

Selon Le Monde, "les services de lutte antiterroriste belges sont parvenus à la conclusion que ce mystérieux donneur d’ordres s’appelle Oussama Ahmad Atar (...) Son identité a récemment été recoupée par les enquêteurs français".

Le surnom d'Abou Ahmad est apparu dans l'enquête rapidement après les attentats, après l'interpellation le 10 décembre en Autriche de l'Algérien Adel Haddadi et du Pakistanais Mohamed Usman. Les deux hommes avaient débarqué le 3 octobre 2015 sur l'île grecque de Leros, parmi le flot de migrants, en même temps que les deux kamikazes irakiens qui se sont fait exploser aux abords du Stade de France le 13 novembre.

Après des dénégations, Adel Haddadi a avoué qu'ils avaient été missionnés pour mener des attentats à Paris et que le mystérieux Abou Ahmad avait organisé leur venue en Europe depuis la Syrie.

Le suspect algérien a désigné Oussama Atar comme étant probablement Abou Ahmad d'après une planche de photos qui lui était soumise par les enquêteurs, selon une des sources.

Le surnom Abou Ahmad est par ailleurs apparu dans l'enquête grâce à l'exploitation d'un ordinateur abandonné dans une poubelle près d'une des planques utilisée par la cellule jihadiste en Belgique. Les enquêteurs ont exhumé des conversations dans lesquelles des membres de la cellule semblent s'adresser à Abou Ahmad en évoquant des testaments et des modes d'actions, selon une source proche de l'enquête.

Cousin éloigné des frères El-Bakraoui, morts en kamikazes lors des attentats de Bruxelles, Oussama Atar est un nom bien connu de l'antiterrorisme depuis des années.

Par Driss Douad (avec AFP)
Le 08/11/2016 à 12h25