Au terme d’une première séance de négociations en Suisse, Washington et Téhéran se sont entendus sur la mise en place d’une «cellule de gestion des conflits», selon les médiateurs pakistanais et qatari.
M. Aoun a reçu à ce sujet «un appel téléphonique du vice‑président américain JD Vance, du principal conseiller du président américain Jared Kushner et du Premier ministre qatari, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani», a précisé la présidence libanaise.
🇱🇧 Selon le communiqué conjoint, une « cellule de déconfliction » sera créée, réunissant « les parties » en conflit au Liban, l'Etat libanais et les médiateurs, pour « assurer le respect de la fin des opérations militaires au Liban ».
— L'Orient-Le Jour (@LOrientLeJour) June 22, 2026
L’entretien a porté sur «la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l’arrêt de l’escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin», selon la même source.
Cette cellule constituera «le premier test réel», a commenté le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.
De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce «mécanisme» était destiné à faire en sorte que «lorsque quelque chose se passe, cela ne dégénère pas en escalade de plus grande ampleur».
«Nous pensons (...) que nous pouvons parvenir à une situation dans laquelle la souveraineté et l’intégrité territoriale du Liban est protégée, comme la sécurité d’Israël», a ajouté le vice-président américain à l’issue des pourparlers en Suisse.
«Cela va nécessiter une certaine coordination avec les forces armées libanaises, et aussi que les Iraniens maîtrisent le Hezbollah», a-t-il avancé.
Des affrontements meurtriers entre Israël et le Hezbollah ont eu lieu vendredi et samedi au Liban, faisant vaciller le protocole d’accord irano-américain qui prévoit la fin des hostilités sur tous les fronts.
«Nous négocions pour nous-mêmes»
Le Liban connaît désormais une accalmie, confirmée lundi par le porte-parole du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres. Dimanche «a été le premier jour depuis la reprise des hostilités le 2 mars au Liban» où les Casques Bleus «n’ont pas détecté des tirs ou des interceptions», a affirmé Stéphane Dujarric, selon qui ce calme «s’est poursuivi ce (lundi) matin».
UN spokesperson Stephane Dujarric says that Sunday marked the first day that UN peacekeepers in southern Lebanon “did not detect any trajectories or observe any interceptions” since fighting began between Israel and Hezbollah on March 2.
— Al Jazeera English (@AJEnglish) June 23, 2026
🔴 LIVE updates: https://t.co/gL7a4Det8q pic.twitter.com/L6bpsC5Wah
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a toutefois prévenu lundi que les soldats déployés dans le sud du Liban «disposent d’une liberté d’action totale pour neutraliser toute menace directe ou potentielle à leur encontre ou à l’encontre des habitants du nord» d’Israël.
«L’armée israélienne ne fait l’objet d’aucune restriction sur cette question», a ajouté M. Netanyahu, selon un communiqué de son bureau.
L’entente pour créer une cellule de crise, qui n’inclut pas Israël, intervient à la veille de nouvelles discussions directes à Washington entre le Liban et Israël, qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques.
Il s’agira de la cinquième session depuis le début de la guerre entre le Hezbollah et Israël le 2 mars.
«Les discussions se poursuivront en vue de faire progresser un accord global de paix et de sécurité entre les deux pays» a indiqué lundi un responsable du département d’Etat américain à l’AFP.
«Nous permettons à Israël et au Liban de négocier en tant que deux États souverains», a-t-il ajouté.
Le mouvement chiite a attaqué Israël pour venger la mort le 28 février du guide suprême iranien Ali Khamenei, dans l’offensive américano-israélienne. Les frappes israéliennes de représailles ont fait plus de 4.000 morts.
Une trêve, théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, n’a jamais été respectée.
«Nous négocions pour nous-mêmes, et n’acceptons pas qu’une autre partie négocie pour nous», a insisté Joseph Aoun lundi.
«Nous accueillons toute aide venant de tout pays pour mettre fin à la guerre (...) mais il y a une grande différence entre oeuvrer à nous aider et s’ingérer dans nos affaires internes», a-t-il rappelé, dans une allusion à l’Iran, qui a longtemps exercé une forte influence au Liban à travers le Hezbollah.
Lors d’une rencontre avec une délégation de la Ligue des Grecs-Catholiques, le président libanais Joseph Aoun a affirmé que le Liban accueillait favorablement toute aide visant à mettre fin à la guerre, tout en soulignant qu’aucune ingérence dans les affaires intérieures du pays… pic.twitter.com/ArO6yvYUdd
— InfoSudLiban (@InfoSudLiban) June 22, 2026
Beyrouth, qui s’est employé au cours des derniers mois à dissocier les dossiers libanais et iranien, pousse en faveur de la réussite des pourparlers de Washington, auxquels s’oppose le Hezbollah, afin de mettre fin à la guerre et de déterminer l’avenir des relations entre les deux pays.




