Des émissaires américains sont arrivés mardi à Doha pour des discussions sur l’Iran avec des médiateurs qataris.
L’Iran a lui aussi annoncé l’envoi cette semaine d’une délégation au Qatar, mais exclu tout contact direct avec les responsables américains, après des échanges de frappes qui ont menacé de faire voler en éclats la trêve.
Voici ce que l’on sait de la situation:
Witkoff et Kushner à Doha
Les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner, hommes de confiance du président Donald Trump, sont arrivés à Doha pour discuter avec des responsables qataris de l’Iran et de la situation au Liban, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar, Majed al-Ansari.
Prime Minister and Minister of Foreign Affairs @MBA_AlThani_ Meets US Envoys
— Ministry of Foreign Affairs - Qatar (@MofaQatar_EN) June 30, 2026
Doha | June 30, 2026
HE Prime Minister and Minister of Foreign Affairs Sheikh Mohammed bin Abdulrahman bin Jassim Al-Thani met on Tuesday with HE Steve Witkoff and HE Jared Kushner, the US Envoys.
The… pic.twitter.com/ULBbdzNcyq
«À ma connaissance, aucune rencontre directe n’est programmée entre les deux parties (américaine et iranienne) dans les prochains jours», a-t-il néanmoins ajouté.
Lundi, Donald Trump avait laissé entendre que des discussions entre Washington et Téhéran devaient se tenir mardi. «L’Iran a demandé une réunion. Elle aura lieu demain (mardi) à Doha», avait-il affirmé.
Après avoir d’abord démenti toute réunion, la diplomatie iranienne a confirmé lundi l’envoi d’une «délégation d’experts» cette semaine à Doha, menée par le vice-ministre des Affaires étrangères Kazem Gharibabadi. Une première réunion est prévue avec les médiateurs mercredi selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï.
Mais «dans les prochains jours, nous ne négocierons pas avec la partie américaine, à aucun niveau», a-t-il insisté.
Les États-Unis et l’Iran se sont à plusieurs reprises contredits depuis le début des discussions ayant abouti le 17 juin à la signature d’un protocole d’accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, avec des négociations se matérialisant subitement alors que la situation semblait dans l’impasse.
Ormuz, le nœud gordien
Un diplomate au fait des pourparlers a déclaré à l’AFP que des «équipes techniques» américaines et iraniennes devaient se rencontrer pour parler de «la mise en œuvre du protocole d’accord» conclu entre les deux pays.
«Les canaux de communication pour désamorcer les incidents sont opérationnels», a-t-il ajouté.
Si la signature du pacte entre Washington et Téhéran a permis de réduire l’intensité du conflit, d’importantes tensions existent autour de la gestion du stratégique détroit d’Ormuz, où le trafic a ralenti ce weekend après deux attaques de navires.
Au total, 29 bateaux transportant des matières premières ont franchi le détroit samedi et 12 dimanche, selon les données de la société de suivi maritime Kpler, un chiffre en net recul par rapport aux jours précédents.
Ballasters reshape tanker rates
— Kpler (@Kpler) June 30, 2026
Tanker markets are adjusting to the partial reopening of the Strait of Hormuz. MEG VLCC rates fell as inbound ballasters returned to the region, easing tightness after a period of disruption. In contrast, Atlantic VLCC and Suezmax routes gained… pic.twitter.com/s6xOZQN2Je
L’Iran répète depuis des semaines vouloir imposer un droit de passage sous une forme ou une autre, une mesure jugée inacceptable par les États-Unis.
Depuis la levée du blocus ayant suivi le protocole d’accord avec les États-Unis, l’Iran a exporté plus de 40 millions de barils de pétrole, a déclaré le chef de l’équipe de négociation Mohammad Bagher Ghalibaf lors d’une interview diffusée mardi soir à la télévision d’Etat.
En revanche, durant les 50 à 60 jours précédents, «nous avions été dans l’impossibilité totale d’exporter ne serait-ce qu’un seul baril de pétrole», a-t-il observé.
Reflétant les incertitudes sur les discussions entre les États-Unis et l’Iran, le prix du brut progressait mercredi. Vers 01H50 GMT, le Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, montait de 0,32% à 73,18 dollars.
L’Iran prêt pour le dialogue et la guerre
Accusant Téhéran d’avoir ciblé deux navires la semaine dernière, les États-Unis ont annoncé dimanche avoir bombardé le pays en retour. En réponse, l’Iran a ciblé deux de ses voisins du Golfe, le Koweït et Bahreïn.
La situation semble depuis s’être apaisée sur le plan militaire, même si le chef de l’équipe de négociation iranienne Mohammad Bagher Ghalibaf a encore répété que l’Iran se tenait prêt pour «la guerre» - tout en privilégiant «le dialogue».
🌐 L'Iran dit qu'il répondra à toute violation du protocole d'accord par les Etats-Unis.https://t.co/BOEfLFGDTq
— L'Orient-Le Jour (@LOrientLeJour) June 30, 2026
Au Liban, que Téhéran avait exigé d’inclure dans les pourparlers avec les États-Unis, Israël a poursuivi ses frappes ces derniers jours, malgré la signature vendredi à Washington d’un accord-cadre pour une «paix durable».
L’accord-cadre prévoit notamment qu’Israël continue d’occuper le sud du Liban, comme depuis le début de cette nouvelle guerre contre le Hezbollah, jusqu’à ce que le mouvement chiite soutenu par l’Iran rende les armes - ce qu’il refuse de faire.
Une exigence de longue date, que le gouvernement libanais peine à mettre en œuvre malgré la pression des États-Unis.
Le Liban a été entraîné dans le conflit le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le nord d’Israël en soutien à l’Iran, visé par l’offensive américano-israélienne. Israël a riposté en jurant d’«éliminer» le mouvement, et déployé ses troupes dans le sud. Ses frappes ont depuis fait plus de 4.200 morts, selon Beyrouth.




