Colombie: deux attaques meurtrières marquent le premier jour du mandat de De la Espriella

Des soldats montent la garde après l'attaque d'un péage à Santander de Quilichao, département de Cauca, Colombie, le 8 août 2026. AFP or licensors

Deux attaques, qui ont tué un policier et fait plusieurs blessés, ont marqué samedi en Colombie le premier jour au pouvoir du nouveau président Abelardo de la Espriella, qui a promis des mesures radicales pour lutter contre le crime organisé.

Le 09/08/2026 à 06h58

Ancien avocat et figure de la droite dure, il entame son mandat au moment où la Colombie traverse sa pire vague de violence depuis une décennie.

Dans le département de Cesar, dans le nord du pays, un agent a été tué dans une attaque de drones chargés d’explosifs contre un poste de police, selon la police.

Sur une route près de Cali, dans le sud-ouest, où le nouveau président a été investi vendredi, des dissidents de la guérilla des Farc ont détruit avec des explosifs un péage en construction. Des gardes de sécurité ont été légèrement blessés dans cette attaque sur la route panaméricaine, sur le territoire de la commune de Santander de Quilichao.

L’armée a imputé l’attaque contre le péage au groupe dissident.

Près de Cali, dans le département du Cauca, opère une dissidence de l’ex-guérilla des Farc, dirigée par Ivan Mordisco, le guérillero le plus recherché de Colombie. Les dissidents des Farc ont refusé de se joindre à l’accord de paix conclu avec le gouvernement en 2016.

«Nous sommes tous sous tension, assez tendus et nerveux», a déclaré à l’AFP Roberto Sandoval, pompier et habitant d’un quartier voisin du péage.

Pour le président de la Espriella, «attaquer les infrastructures du pays, c’est attaquer le progrès, la mobilité et la tranquillité de millions de Colombiens». Il n’y aura «pas de refuge, pas de ménagements, pas d’impunité» pour les responsables, a-t-il réagi sur X.

Premières mesures

Lors de son investiture, le nouveau président a promis de combattre «sans répit le narcoterrorisme et toutes les organisations criminelles», et affirmé que l’option du dialogue avec les principaux groupes armés était complètement épuisée.

M. de la Espriella a promis d’intensifier, avec le soutien d’Israël et des États-Unis, les bombardements contre les guérillas et les narcotrafiquants actifs en Colombie, et de construire des mégaprisons similaires à celle du Salvador.

Il a également annoncé son intention d’interrompre les négociations de paix entamées par son prédécesseur, le dirigeant de gauche Gustavo Petro.

Samedi, l’armée a mené ses premières opérations sous le nouveau gouvernement.

Dans le département du Meta, dans l’est du pays, l’armée a capturé alias Bonito, «deuxième commandant» d’une dissidence des Farc connue sous le nom de Comandos de la Frontera, qui opère entre la Colombie et l’Équateur, a annoncé M. de la Espriella.

Plus tôt, l’armée a abattu, dans le sud-est du pays, un cadre intermédiaire de la Segunda Marquetalia, une autre dissidence des Farc, connu sous le pseudonyme d’Alexis Perdomo.

Parmi ses premières mesures, M. de la Espriella a aussi ordonné le transfert vers des prisons de haute sécurité de 117 détenus «de haut profil» qui avaient participé aux dialogues de paix avec M. Petro, a assuré le gouvernement dans un communiqué publié samedi.

Ces détenus d’une prison de la périphérie de Medellín poursuivaient des activités illégales «en toute liberté» depuis leur centre pénitentiaire, a affirmé M. de la Espriella dans une allocution vidéo.

En avril, l’organisation d’une fête avec musique live dans cette prison avait provoqué un scandale national.

«Ça, à l’ère du Tigre, c’est fini», a ajouté le nouveau président, en faisant référence à son surnom de campagne.

La veille, M. de la Espriella a tenu sa première réunion consacrée à la sécurité avec des autorités du sud-ouest du pays, a annoncé Dilian Francisca Toro, gouverneure du département de Valle del Cauca, dont la capitale est Cali.

Lors de son premier jour au pouvoir, le nouveau gouvernement a également annoncé qu’il reconnaîtrait la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, comme les États-Unis l’avaient fait en 2020 sous Donald Trump. «Avec cette décision, la Colombie cherche à revitaliser sa relation avec le Maroc», a indiqué le ministère des Affaires étrangères colombien dans un communiqué.

Par Le360 (avec AFP)
Le 09/08/2026 à 06h58