Les trois pays vont interdire «l’importation de produits en provenance des colonies et appliquer des sanctions ciblées contre les colonies», ont indiqué Andy Burnham, Emmanuel Macron et Mark Carney dans une déclaration commune, évoquant un «tournant» dans leur «approche pour protéger la solution à deux États».
L’«expansion systématique des colonies en Cisjordanie» et «la hausse considérable de la violence des colons» représentent «une menace directe et urgente» pour la «solution à deux Etats au conflit israélo-palestinien», ont-ils estimé, ajoutant qu’ils coprésideraient «une réunion à l’Assemblée générale des Nations unies ce mois-ci» sur le sujet.
Ces sanctions ajoutent encore aux tensions croissantes depuis des semaines entre Israël et de nombreux pays, notamment en Europe, indignés par l’intensification des violences commises par les colons et par un vaste projet d’extension de la colonisation dans le territoire occupé depuis 1967.
Outre Londres, Paris et Ottawa, neuf pays (Danemark, Espagne, Finlande, Irlande, Islande, Norvège, Pologne, Portugal, Suède) ont confirmé mardi «leur intention d’imposer des restrictions nationales au commerce de biens avec des colonies illégales au regard du droit international et/ou de soutenir des restrictions européennes en ce sens, ou qu’elles envisagent sérieusement d’adopter de telles restrictions ou d’autres mesures conformément à leurs procédures nationales», indique une déclaration commune.
Les chefs de la diplomatie français et britanniques avaient donné le ton au même moment mardi, avec un message de Jean-Noël Barrot sur X et une déclaration devant la Chambre des communes pour Ed Miliband.
La France va mettre fin au commerce avec les colonies israéliennes situées dans les Territoires palestiniens occupés, avec onze autres pays qui ont pris des engagements du même ordre.
— Jean-Noël Barrot (@jnbarrot) September 8, 2026
Pourquoi ?
Parce que la Cisjordanie est au bord de l'explosion : expansion effrénée de la… pic.twitter.com/mJStC3HgOk
Les colonies exportent principalement des produits agricoles de la vallée du Jourdain, mais aussi du vin, des cosmétiques et divers produits industriels. Londres va également sanctionner «des entreprises et des individus qui fournissent des services, tels que la construction, les infrastructures, le financement ou l’immobilier pour l’expansion des colonies», a précisé Ed Miliband.
«Un nettoyage ethnique est en cours en Cisjordanie, perpétré par des colons terroristes. Et bien trop souvent, le gouvernement israélien a fermé les yeux sur cette situation», a encore déclaré le ministre, descendant de réfugiés juifs au Royaume-Uni.
12 Britanniques interdits d’entrée
Israël a aussitôt annoncé des mesures de représailles, ciblant pour l’instant uniquement le Royaume-Uni.
Qualifiant les critiques britanniques de «scandaleuses», le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Saar, a annoncé la fermeture du consulat britannique à Jérusalem et une interdiction d’entrée en Israël pour 12 personnalités britanniques qualifiées d’«antisémites».
הערב הודעתי על צעדי הנגד שלנו לשורת הסנקציות החדשה עליה הודיע מזכיר החוץ של ממשלת הלייבור בפרלמנט הבריטי, בהמשך לשנתיים של מהלכים חד-צדדיים נגד ישראל.
— Gideon Sa'ar | גדעון סער (@gidonsaar) September 8, 2026
הקונסוליה הבריטית בירושלים - תיסגר.
הנציגים הבריטים יסולקו ממרכז הסיוע הבינ״ל לעזה בקרית-גת.
תופסק הפעילות הבריטית להכשרת… pic.twitter.com/ZuR7owAq2Z
Parmi elles, l’ex-chef du Labour, aujourd’hui député indépendant, Jeremy Corbyn, et les cinq députés Verts britanniques.
Avant l’annonce, le président israélien Isaac Herzog avait estimé que le Royaume-Uni se placerait du «mauvais côté de l’histoire» avec de telles mesures.
De son côté, l’Autorité palestinienne a salué une «étape importante» pour que les autorités israéliennes «rendent des comptes».
Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a quant à lui dénoncé «les tensions en Cisjordanie», mais exclu des sanctions contre les colonies israéliennes.
L’annonce de ces mesures intervient en pleine campagne électorale en Israël pour les législatives d’octobre, marquée par un durcissement de la rhétorique de certains dirigeants israéliens de la coalition de droite et d’extrême droite dirigée par Benjamin Netanyahu.
Décision symbolique
Pour le Royaume-Uni, les échanges avec les territoires occupés sont estimés à 38 millions de livres par an (44,2 millions d’euros), faisant de cette interdiction d’importation une mesure surtout symbolique.
Plusieurs pays occidentaux ont déjà pris des sanctions face à l’augmentation des violences commises par les colons, parallèlement à la guerre à Gaza menée par Israël depuis l’attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023.
En juin, la France, l’Australie et le Canada avaient visé des entités et individus israéliens impliqués dans les violences et l’expansion des colonies, des mesures alors qualifiées de «honteuses» par Israël.
🟥 Cisjordanie occupée : six pays occidentaux sanctionnent des colons israéliens et menacent de nouvelles mesures
— Anadolu Français (@anadolufrancais) June 9, 2026
Par ailleurs, Paris a également interdit l'accès à son territoire au ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, ainsi qu'à quatre responsables… pic.twitter.com/mqMsTQwNb8
L’Irlande, l’Espagne et les Pays-Bas ont également déjà annoncé l’interdiction d’importations provenant des colonies israéliennes, et la France pousse pour une décision similaire à l’échelle de l’Union européenne.
Les ministres d’extrême droite Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich sont aussi interdits de territoire en France et au Royaume-Uni.
Hors Jérusalem-est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans ces colonies.




