Les bureaux de vote dans les deux Länder sont ouverts de 06h00 à 16h00 GMT, soit de 08h00 à 18h00 en Allemagne. Les premières estimations doivent être publiées dès leur fermeture. Environ 2,5 millions de personnes sont appelées à voter à Berlin et 1,3 million en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale.
Friedrich Merz, 70 ans, a convoqué une réunion extraordinaire du présidium de son parti conservateur, la CDU, juste après l’annonce des premières estimations.
Anticipant les éventuelles répercussions du vote, il a également annulé le déplacement qu’il devait effectuer à New York à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations unies. L’expression «réunion de crise», utilisée dans la première version, a été remplacée par une formulation plus précise: il s’agit officiellement d’une réunion du présidium de la CDU consacrée aux résultats des deux scrutins.
Deux semaines auparavant, l’AfD avait nettement devancé la CDU lors des élections régionales de Saxe-Anhalt, également située dans l’est du pays. Le parti n’y avait manqué que de quelques sièges la majorité absolue.
Ce revers est intervenu alors que la popularité du chancelier est au plus bas et que celui-ci peine à faire adopter certaines des réformes économiques promises avec ses partenaires sociaux-démocrates de la coalition gouvernementale.
Selon les dernières enquêtes d’opinion, l’AfD devrait enregistrer de nouveaux gains dimanche, sans nécessairement atteindre le niveau obtenu en Saxe-Anhalt. Ces sondages restent toutefois des photographies de l’opinion et non des prévisions de résultat, précaution élémentaire que la fièvre électorale tend parfois à reléguer au rang des usages décoratifs.
Mercredi, huit dirigeants conservateurs d’exécutifs régionaux ont déclaré que l’Allemagne avait besoin «plus que jamais de stabilité», sans toutefois citer nommément le chancelier.
La CDU menacée par le seuil des 5%
Dans le Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, sur la mer Baltique, la CDU est largement distancée dans le duel opposant le SPD de la ministre-présidente Manuela Schwesig à l’AfD.
Le dernier Politbarometer Extra réalisé par l’institut Forschungsgruppe Wahlen pour la ZDF crédite le SPD de 37% des intentions de vote, contre 36% pour l’AfD. La CDU n’obtiendrait que 6%, soit un point seulement au-dessus du seuil de 5% nécessaire pour être représentée au Parlement régional. Die Linke recueillerait 9%, les Verts 5% et le BSW 4%.
Ces chiffres remplacent ceux, légèrement plus anciens, qui plaçaient l’AfD à 37% et le SPD à 35%. La prudence reste d’autant plus nécessaire que 21% des personnes interrogées n’étaient pas encore certaines de leur choix ou de leur participation au moment de l’enquête.
Une chute de la CDU sous le seuil des 5% constituerait une première historique dans ce Land et un nouveau revers pour Friedrich Merz.
Dans la ville-État de Berlin, la situation est différente, mais également tendue pour la CDU, dont est issu le maire sortant. Le dernier sondage cité par Reuters place Die Linke en tête avec 22%, devant la CDU à 20% et l’AfD à 18%. Les Verts sont crédités de 15% et le SPD de 12%.
Un recul de la CDU à Berlin accentuerait la pression sur le chancelier, en particulier si Die Linke arrivait en tête. Le parti de gauche reproche au «chancelier de l’austérité» de démanteler progressivement l’État-providence.
Au pouvoir depuis seize mois, Friedrich Merz avait promis de relancer une économie allemande en stagnation, de renforcer les capacités militaires du pays face à la Russie et de réduire l’immigration irrégulière afin de reconquérir les électeurs passés à l’AfD.
Si certains dossiers ont avancé, cela n’a pas interrompu la progression nationale de l’AfD. Selon les enquêtes citées par Reuters, le parti figure désormais en tête des intentions de vote au niveau fédéral, tandis que la satisfaction à l’égard du chancelier est tombée entre 13% et 14%, selon les instituts.
Une situation «dramatique»
«D’un point de vue personnel, la situation est assez dramatique» pour Friedrich Merz, analyse auprès de l’AFP Roland Abold, responsable de l’institut de recherche Infratest Dimap.
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«Dans notre dernière enquête en septembre, 13% seulement se déclaraient encore satisfaits de son action politique. Ce sont les chiffres les plus bas que nous ayons jamais enregistrés pour un chancelier en exercice», précise-t-il.
Le dirigeant conservateur n’est pas aidé par le contexte international. Comme le reste de l’Europe, l’Allemagne subit les perturbations du marché mondial provoquées par la guerre au Moyen-Orient et la fermeture presque complète du détroit d’Ormuz, aggravées ces derniers jours par l’ouverture d’un nouveau front en mer Rouge.
Les prix des carburants ont retrouvé des niveaux comparables à ceux atteints lors de la première envolée du printemps. Samedi à la mi-journée, le prix moyen du diesel s’établissait à 2,42 euros le litre.
En réponse, le gouvernement a annoncé vendredi une réduction fiscale d’environ 17 centimes par litre. La mesure doit entrer en vigueur le 1er octobre et rester applicable jusqu’au 31 décembre 2026. Le gouvernement a également annoncé des discussions en vue de l’instauration d’un plafonnement des prix des carburants au plus tard le 1er janvier 2027. Le coût du dispositif fiscal est estimé à 2,5 milliards d’euros.
Lors de son dernier meeting samedi à Schwerin, Leif-Erik Holm, candidat de l’AfD au poste de ministre-président du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, a qualifié cette annonce de «mauvaise blague» et de tentative d’«influencer les gens à la toute dernière minute».
Au cours de ce rassemblement, une spectatrice a effectué à plusieurs reprises un geste ressemblant à un salut nazi, apparemment dirigé vers des contre-manifestants de gauche, selon des images de l’AFP. La formulation reste volontairement prudente: les images montrent un geste apparent, mais ne permettent pas, à elles seules, d’établir les intentions de cette personne.




