Jeune Afrique: «l’Espagne, accrochée aux confettis de son empire défunt, comme une huître au rocher d’Alhucemas»

Le phare du préside occupé de Melilla, en Méditerranée, sur le continent africain, devant la péninsule ibérique.  

Le phare du préside occupé de Melilla, en Méditerranée, sur le continent africain, devant la péninsule ibérique.   . Martijn.Munneke

L’Espagne est un royaume accroché aux confettis de son empire défunt –Ceuta, Melilla et une poussière d’îlots– comme une huître au rocher d’Alhucemas, a écrit hier, lundi 7 juin 2021, le magazine Jeune Afrique.

Le 08/06/2021 à 09h27

Au moment du partage du Maroc entre la France et l’Espagne en 1912, le Nord et l’extrême-sud saharien sont revenus à cette dernière, qui «n’est plus que l’ombre de la puissance mondiale d’antan», et y trouve une grande cause pour reprendre foi en son destin, souligne François Soudan, directeur de la rédaction de Jeune Afrique, dans un éditorial.

Selon lui, il s’agit d’une exaltation de l’hispanidad liée à cette prise de conscience, car l’avenir de la péninsule se joue au sud d’Algésiras, de l’autre côté du détroit.

Mais cette colonisation, note-t-il, sera une colonisation «pauvre, sans les outils financiers et militaires pour l’accomplir», rappelant que quand éclate l’interminable guerre du Rif, l’armée espagnole est écrasée et surtout humiliée sur le plateau d’Anoual par les tribus d’Abdelkrim et la reconquête dévastatrice ne sera possible que grâce aux Français.

«L’Espagne est saignée et n’occupe en réalité que les côtes. Au sud, au Rio de Oro, le tableau a des allures d’étouffoir. Jusqu’à leur retrait en 1975, les Espagnols patrouillent, surveillent, répriment, exploitent un peu les phosphates de Boukraa, mais n’administrent presque pas et, surtout, ne créent rien», explique le directeur de Jeune Afrique.

A ses yeux, la «persistance du double lien d’allégeance et d’appartenance, tant religieuse que personnelle, des grandes tribus sahraouies au sultan du Maroc, s’explique aussi par cela: le joug, donc l’aliénation culturelle suscitée par une colonisation somnolente, fut ici beaucoup moins pesant que sous le protectorat français et n’engendra qu’un ersatz de sentiment national».

Vu de Rabat aujourd’hui, l’acte refondateur du pacte entre la monarchie et son peuple que fut la récupération du Sahara occidental est plus que jamais une évidence, souligne-t-il, faisant observer que les notions d’autodétermination et de libération de l’ex-colonie espagnole ne sont pas recevables aux yeux d’une majorité écrasante de Marocains. Qui s’oppose à la cause sacrée se met en dehors de la communauté nationale, les Sahraouis sont marocains et la question est réglée parce qu’elle ne peut pas être posée.

Quant à l’Algérie, elle a «créé» le Polisario dans l’unique but de s’ouvrir un débouché sur l’Atlantique par «petit vassal interposé».

«Le débat s’arrête là», tranche François Soudan, qui souligne que l’Espagne, elle, est dans une position «ambiguë».

«Si plus personne ne cultive la nostalgie de l’époque où le Tercio montait la garde sur les fortins d’El Aaiún ou de Villa Cisneros, la double culpabilité d’avoir abandonné à leur sort la poignée de militants sahraouis indépendantistes et de ne pas être parvenu à se ménager un État sous influence ibérique à quelques encablures des îles Canaries irrigue encore la classe politique, les ONG, les médias et une partie de l’opinion», écrit-il.

«Entre ces deux vieilles nations où le sentiment national repose sur la terre, sur les morts et sur le sang versé transmis par hérédité, les relations ne peuvent être que passionnelles. Surtout quand revient à chaque crise cette odeur d’istiamar («colonialisme») que les Marocains sont si prompts à détecter», conclut-il.

Par Leïla Driss
Le 08/06/2021 à 09h27

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VOS RÉACTIONS

@Youb 8 June 2021 12 h 57 min Serais-tu membre de la cinquième colonne hispano.algérienne?

Merci jeune Afrique, seul journal crédible et qui traite les problèmes du continent avec sérénité ,vérité et réalité.Ce n'est pas pour rien qu'il va fêter ses soixante d'existence . Il ne plaît pas à tout le monde mais tant pis pour ceux qui ont des œillères et spécialement les caporaux d'à côté.

n oublions pas qu une grande partie des habitants de l espagne actuelle n ont rien a voir avec l espagne authentique.car pour chasser les maures l eglise a fait feu de tout bois .beaucoup de chretiens d europe centrale appelees les barbares ont ete appele a faire la guerre sainte en reponse aux ordres de l eglise de l epoque.en fait les vrais espagnoles sont tres minoritaires pour ne pas dire inexistants.

Du côté marocain, les choses ne se voient pas de la même façon que du côté espagnol et je m'explique. J'ai déjà visité Sebta et Melillia, ce sont des villes de style européen, bien organisées et apparemment où il fait bon vivre. A Sebta, il y a une forte population d'origine marocaine qui ne souhaiterait probablement pas être gouvernée par le Maroc. Il suffit de voir l'attrait des marocains pour ces villes. Ce serait intéressant de leur demander leur avis ! Je ne défends en aucun cas le colonialisme, je pointe seulement une situation sans hypocrisie.

les bani sbaleyoune bouraqe3a doivent dés à présent se rendre à l'évidence que les temps des colonisations sont révolus et bien révolus,le fier peuple MAROCAIN revendique haut et fort la récupération de tous ses territoires encore sous occupation des bani sbaleyoune bouraqe3a et de tous les autres territoires spoliés par la france qui les a annexé à son algérie française

Un jour viendra ou l on reprendra l Espagne est on chassera les sales wisigoths de nos terres d Al andalous.Ils repartiront en Roumanie terre des barbares car c est eux les sauvages qui ont déferlé sur Rome.

C'est dingue, Nous les Marocains on voit ca comme une humiliation "Comment une puissance étrangère colonise encore des ilots qui sont à quelques centaines de metres de nos côtes"? et vous présentez le colonisateur comme COMME UNE HUÎTRE AU ROCHER D’ALHUCEMAS. Avez vous un adjectif pour le colonisé?

La stricte verite dite par un media neutre ,qui ne va pas plaire aux ennemis du MAROC

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