Rejet des mesures fiscales du PLF 2023: pharmaciens, dentistes et comptables manifestent devant le Parlement

Les pharmaciens, chirurgiens-dentistes et comptables ont organisé, le 15 novembre 2022 devant le Parlement à Rabat, une manifestation en protestation contre les dispositions fiscales du projet de loi de finances 2023 touchant leurs professions.  . Said Bouchrit / Le360

Le 15/11/2022 à 18h25

VidéoDes syndicats représentant les professions de pharmacien, chirurgien-dentiste et de comptable ont organisé, ce mardi 15 novembre 2022, devant le Parlement à Rabat une manifestation commune lors de laquelle ils ont rejeté les mesures fiscales contenues dans le projet de loi de finances 2023 (PLF).

Outre la grogne généralisée des avocats, la protestation des représentants de professions libérales a gagné du terrain avec la manifestation de ce 15 novembre 2022 des pharmaciens, chirurgiens-dentistes et comptables.

Un seul mot d’ordre a réuni ces protestataires: le rejet des dispositions fiscales contenues dans le projet de loi 2023, avec à leur tête la retenue à la source.

Réunis devant le Parlement, où s’étaient rassemblées près d’un millier de personnes, les manifestants ont joint leur voix pour demander à l’Exécutif de revenir sur ces dispositions fiscales, au moment où le projet de loi des finances 2023 aborde sa deuxième étape de débat à la Chambre des conseillers après avoir été adopté la semaine dernière par la Chambre des représentants.

«Nous espérons trouver un terrain d’entente avant l’adoption définitive de ce texte, car les mesures sont anticonstitutionnelles», a affirmé Faouzi Bouarak, comptable agréé à Rabat, qui assure que son syndicat refuse que «les impôts soient dorénavant prélevés, tel que prévu, à partir du chiffre d’affaires et non des bénéfices nets».

Sadoq Ilham Rachida, vice-présidente de la Fédération nationale des médecins dentistes (secteur privé) a abondé dans le même sens en dénonçant l’article 15 du projet de loi des finances 2023 «qu’elle accuse de vouloir paupériser la classe moyenne».

Ces syndicats ont, par ailleurs, dénoncé le fait que selon le prochain budget de l’Etat, les nouvelles dispositions fiscales alourdissent les charges des petites et moyennes entreprises (PME) ayant réalisé un résultat net inférieur à 300.000 dirhams, dont font partie des centaines d’officines, et qui devraient s’acquitter de 20% d’impôt sur les sociétés, au lieu des 10% jusque-là.

Il faut d’autre part signaler que les avocats, sous la bannière de l’Association des barreaux du Maroc, continuent de protester contre les nouvelles mesures fiscales. Les robes noires ont remis en cause, la semaine dernière, un compromis entre leur profession et le gouvernement. Une réunion entre les deux parties est prévue, ce mardi 15 novembre, sous la présidence du chef du gouvernement, Aziz Akhannouch.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Abderrahim Et-Tahiry
Le 15/11/2022 à 18h25