Pôle financier public: les scénarios de recomposition attendus avant fin 2026

Le siège du groupe CDG à Rabat.

Le siège du groupe CDG à Rabat, l'un des piliers du pôle financier public.

L’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État (ANGSPE) prépare une refonte de l’architecture du pôle financier public. Les conclusions de l’étude stratégique engagée fin 2025, attendues au deuxième semestre 2026, devront définir les scénarios de restructuration susceptibles d’améliorer la cohérence des interventions publiques et leur efficacité au service de l’investissement.

Le 24/10/2026 à 21h18

Dix établissements et organismes sont concernés: la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), le Crédit Agricole du Maroc (CAM), le Fonds d’équipement communal (FEC), Tamwilcom, Barid Al-Maghrib, le Fonds Mohammed VI pour l’investissement, le Fonds Hassan II pour le développement économique et social, Ithmar Al Mawarid, la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT) et Maroclear.

Ces précisions ressortent du dernier rapport de l’ANGSPE, publié jeudi 22 octobre. Engagée au quatrième trimestre 2025, cette étude s’inscrit dans le cadre de la réforme des établissements et entreprises publics et de la mise en œuvre de la Politique actionnariale de l’État. Elle vise à doter le Royaume d’une vision intégrée de ses interventions dans les domaines de la finance, de l’investissement, du financement et de la garantie.

L’enjeu est de remédier à la dispersion des interventions et aux chevauchements de missions entre des acteurs aux statuts et aux mandats différents. Si cette diversité permet de répondre à des besoins spécifiques, elle peut aussi entraîner des redondances et une utilisation sous-optimale des ressources publiques.

Le diagnostic portera sur les missions, les modèles économiques et la solidité financière des organismes concernés, ainsi que sur leur capacité à mobiliser des financements, à générer des dividendes et à soutenir la compétitivité de l’économie nationale.

Sur cette base, l’étude devra proposer plusieurs scénarios de reconfiguration, allant du recentrage des missions à la recomposition de certaines structures. L’objectif est de bâtir un pôle financier public plus intégré et performant, doté d’une gouvernance cohérente et de mécanismes renforcés de suivi et d’évaluation. À ce stade, aucune fusion ni suppression d’entité n’est annoncée.

Cette réorganisation répond aussi à l’ampleur des besoins d’investissement attendus au cours de la prochaine décennie, notamment dans la perspective de la Coupe du monde 2030 et des transitions énergétique, numérique et industrielle. L’État entend optimiser ses propres instruments de financement tout en favorisant la mobilisation des capitaux privés au profit de l’investissement productif.

Attendues au deuxième semestre 2026, les conclusions devront proposer une architecture financière publique adaptée aux priorités nationales, avec une vision à long terme à l’horizon 2030-2040. L’ambition est de renforcer la contribution de ces organismes au financement de l’économie, tout en améliorant l’efficacité de l’action publique et en préservant la soutenabilité des finances de l’État.

Par La Rédaction
Le 24/10/2026 à 21h18