Oujda: la forêt de Sidi Mâafa au cœur d’un vaste chantier de réhabilitation

مشروع ضخم لإعادة تأهيل غابة سيدي امعافة..87  مليون درهم لإحياء «رئة وجدة»

Une vue de la forêt de Sidi Mâafa à Oujda. (M.Chellay/Le360)

Le 02/05/2026 à 19h00

VidéoFragilisée par des années de sécheresse, le vieillissement de ses peuplements et la prolifération du scolyte, la forêt de Sidi Sidi Mâafa, à Oujda, fait l’objet d’un ambitieux programme de réhabilitation doté de 87 millions de dirhams. Entre coupes sanitaires, reboisement ciblé et déploiement d’un système d’irrigation innovant, les autorités entendent restaurer durablement cet écosystème et préserver l’un des principaux poumons verts de la ville.

La forêt de Sidi Mâafa, longtemps considérée comme le principal poumon vert de la ville d’Oujda, fait aujourd’hui face à un dépérissement progressif de son couvert forestier. Une dégradation visible affecte une part importante de ses peuplements fragilisés par des conditions climatiques de plus en plus contraignantes.

En cause, un cycle de sécheresse sévère qui a marqué le Maroc durant plusieurs années, avec des précipitations moyennes n’excédant pas 150 mm par an, selon des données officielles.

À ce stress hydrique s’ajoute le vieillissement physiologique des peuplements. Les arbres les plus anciens présentent, en effet, une capacité de résilience réduite face aux agressions biotiques, notamment celles provoquées par le scolyte, un insecte xylophage qui s’attaque aux tissus conducteurs et accélère le processus de dépérissement.

Mohamed Krimi, chef du service des études à la direction régionale des Eaux et Forêts de l’Oriental, indique que la forêt connaît, depuis 2022, un phénomène de mortalité massive des pins, résultant d’une combinaison de facteurs environnementaux et biologiques. Il souligne que le stress hydrique chronique, conjugué à la prolifération de cet insecte ravageur, a fortement contribué à la dégradation de l’écosystème forestier.

Face à cette situation, précise-t-il, les autorités compétentes ont engagé une stratégie d’intervention visant à enrayer le processus de dépérissement et à amorcer la réhabilitation du site. Celle-ci repose notamment sur des opérations de «coupe sanitaire» des arbres infestés, afin de contenir la propagation des insectes, ainsi que sur un programme de reboisement fondé sur l’introduction d’essences mieux adaptées aux conditions de sécheresse.

Un projet de réaménagement en trois axes

De son côté, Youssef Hammouzaki, directeur provincial de l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF) d’Oujda-Angad, annonce le lancement d’un vaste projet de réaménagement de la forêt de Sidi Mâafa, doté d’une enveloppe budgétaire de 87 millions de dirhams, mobilisée avec l’appui de plusieurs partenaires institutionnels.

Ce programme structurant s’articule autour de trois axes majeurs. Le premier porte sur la régénération du couvert forestier, à travers des opérations de nettoyage sylvicole sur une superficie de 620 hectares, complétées par des campagnes de reboisement couvrant 726 hectares. L’objectif est de renouveler le capital forestier tout en consolidant la biodiversité locale.

Le deuxième axe concerne la mise en place d’un dispositif d’irrigation innovant reposant sur la réutilisation des eaux usées traitées de la ville d’Oujda. Cette approche vise à optimiser la gestion des ressources hydriques et à réduire la pression sur les ressources conventionnelles, dans un contexte de raréfaction de l’eau.

Youssef Hammouzaki précise qu’en attendant la mise en service complète de ce dispositif hydraulique, deux forages ont déjà été réalisés afin d’assurer l’irrigation des nouvelles plantations. Le projet d’alimentation en eau à moyen terme a, par ailleurs, été confié à la Société multiservices de l’Oriental.

Le troisième volet du programme porte sur l’aménagement des espaces d’accueil et des circuits dédiés aux visiteurs. Les études techniques afférentes ont déjà été lancées, avec pour objectif de renforcer l’attractivité du site et de consolider sa vocation récréative et environnementale au profit des habitants de la région.

Afin de garantir la réussite des opérations de reboisement, les responsables ont privilégié des essences végétales adaptées aux conditions climatiques arides qui caractérisent la région. Parmi les espèces retenues figurent notamment le genévrier local, le caroubier, certaines variétés d’eucalyptus ainsi que le Schinus molle.

Appel à l’implication des citoyens

Sur le plan technique, différentes méthodes de plantation ont été adoptées en fonction des zones ciblées. Dans les espaces d’accueil et les secteurs à forte fréquentation, des plants à longue tige ont été privilégiés, avec un taux de reprise dépassant 90%, selon le responsable. Dans les zones moins exposées, des jeunes plants de petite taille sont utilisés afin d’optimiser la consommation en eau.

Le directeur provincial de l’Agence nationale des eaux et forêts insiste toutefois sur le fait que la réussite de ce programme dépendra également de l’implication des citoyens dans la préservation de cet espace naturel. Il lance, à ce titre, un appel aux visiteurs à veiller à la propreté du site et au respect de son équilibre écologique.

Par Mohammed Chellay
Le 02/05/2026 à 19h00