Maroc-États-Unis: le Royaume s’impose comme partenaire commercial stratégique et dépasse la Chine

Port de Casablanca.

Revue de pressePorté par la reconfiguration des chaînes d’approvisionnement mondiales et le concept d’alliance commerciale, le Maroc enregistre une envolée historique de ses échanges avec les États-Unis. Si cette dynamique consacre la puissance des exportations américaines sur le marché marocain, elle confirme également l’intégration progressive de l’industrie nationale au cœur des grands équilibres économiques transatlantiques. Cet article est une revue de presse tirée de Challenge.

Le 24/09/2026 à 19h28

Le paysage des échanges économiques internationaux connaît une mutation profonde qui profite directement au royaume chérifien. Depuis le début de l’année 2026, le Maroc s’est imposé comme un partenaire commercial de premier plan pour les États-Unis, devançant même la Chine dans cette dynamique. Cette reconfiguration illustre la volonté manifeste des industriels des deux nations d’adapter leurs chaînes de valeur aux impératifs de la géopolitique contemporaine, marquée par le concept de l’amisourcing qui privilégie les flux entre nations alliées au détriment des marchés jugés rivaux ou hostiles, écrit le magazine hebdomadaire Challenge.

Cette orientation stratégique, qui fait écho aux doctrines économiques favorisant le commerce entre partenaires de confiance, a eu un impact immédiat sur le volume des transactions bilatérales. Selon les données officielles publiées par le U.S. Census Bureau, les exportations américaines à destination du Maroc ont atteint le volume inédit de 686,3 millions de dollars pour le seul mois de juillet 2026. Cette performance remarquable s’inscrit dans une tendance haussière amorcée dès le mois de février, avant de s’amplifier nettement au printemps avec des progressions mensuelles de 16,1 pour cent en mars et de 39 pour cent en avril, pour culminer à des bonds spectaculaires de 62,2 pour cent en juin et de 54,3 pour cent en juillet en glissement annuel.

Sur l’ensemble de la période allant de janvier à juillet 2026, le cumul des ventes américaines sur le marché marocain s’établit à 4,07 milliards de dollars, contre 3,25 milliards un an plus tôt, matérialisant une progression de 25,2 pour cent. Toutefois, cette vitalité commerciale met en lumière un déséquilibre persistant dans la balance des échanges bilatéraux. L’écart entre les exportations en provenance d’outre-Atlantique et les importations marocaines continue de se creuser, atteignant 2,83 milliards de dollars sur les sept premiers mois de l’année, comparativement à 2,17 milliards pour la même période en 2025. Le ratio entre les flux s’établit désormais à 329 pour cent, signifiant que chaque dollar dépensé par les États-Unis pour l’achat de produits marocains correspond à plus de trois dollars de marchandises américaines introduites au Maroc, écrit Challenge.

Du côté des exportations marocaines vers les États-Unis, la tendance demeure positive bien que sa progression soit plus mesurée. Les achats américains de produits marocains ont atteint 1,24 milliard de dollars entre janvier et juillet 2026, contre 1,08 milliard pour la période correspondante de l’année précédente, soit une hausse de 14,2 pour cent. Ces flux concernent principalement des secteurs clés tels que l’énergie, l’aéronautique, l’électronique, ainsi que les produits dérivés des phosphates et les engrais, qui constituent la pierre angulaire des exportations nationales. Viennent ensuite les équipements électriques, les véhicules, les produits de la mer et les fruits comestibles, témoignant de la diversification de l’offre marocaine qui s’intègre progressivement dans les filières industrielles américaines, à l’image des récents projets conjoints dans la production d’engrais.

Depuis la mise en œuvre de l’accord de libre-échange en 2006, Rabat et Washington ont structuré leurs relations autour du textile, de l’agriculture et de l’automobile. Face à cette accélération des échanges, la diplomatie économique marocaine veille à préserver les équilibres fondamentaux afin de protéger les intérêts nationaux. L’enjeu est double pour le royaume: s’insérer durablement dans les chaînes de valeur américaines tout en maintenant sa compétitivité face aux influences extérieures et en faisant valoir ses articulations stratégiques avec l’agenda euro-africain. Le patronat marocain, tout en restant en retrait de l’arène politique partisane, continue ainsi de promouvoir la marque nationale et de plaider pour des règles d’échange équitables garantissant une juste circulation des capitaux et des marchandises entre les deux rives.

Par La Rédaction
Le 24/09/2026 à 19h28