Liste détaillée: la CGEM exhorte ses adhérents à investir dans des projets structurants en Mauritanie

Représentation des drapeaux du Maroc et de la Mauritanie. (Photomontage) . Le360

Dans une lettre adressée à ses membres, la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) les appelle à s’impliquer dans plusieurs grands projets structurants lancés par le gouvernement mauritanien. Les opportunités ne manquent pas. Les voici dans le détail.

Le 08/07/2022 à 12h43

C’est un véritable mot d’ordre que vient de lancer la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) à l’adresse de ses entreprises membres. Le message est très clair: que celles-ci saisissent les innombrables opportunités d’affaires qu’offre la Mauritanie, un pays voisin plus que jamais proche du Maroc, que ce soit sur le plan politique ou économique. Un pays qui vient aussi de lancer tout un portefeuille de grands projets structurants, avec une volonté ferme de les faire aboutir et les moyens nécessaires.

Dans sa lettre, la CGEM précise qu’il s’agit de projets de Partenariats public-privé (PPP), et que la Mauritanie a bien l’intention d'accompagner et encourager les investisseurs potentiels. Le ministère mauritanien des Affaires économiques et de la promotion des secteurs productifs invite d'ailleurs les acteurs économiques à faire preuve de dynamisme. Les entreprises marocaines sont ainsi appelées à soumettre des appels d’offres spontanés auxdits projets. Dans le cadre d’une diplomatie économique active, des personnes ressources ont été mobilisées à l’ambassade du Maroc à Nouakchott, afin d’orienter et de conseiller les compagnies marocaines intéressées.

Président du Conseil d’affaires maroco-mauritanien, relevant de la même CGEM, Abdelaziz Taarji explique que l’option que les entreprises marocaines devraient faire sur la Mauritanie est tout à fait naturelle. «C’est un pays ami et frère, avec des pouvoirs publics désormais en phase avec le Royaume. C’est aussi un pays tourné vers l’avenir et qui a de grands besoins en termes de projets de développement», explique-t-il. Pour lui, les priorités sont claires: «la tendance actuelle est au développement de l’agriculture et l’agro-industrie, domaines où le tissu productif national dispose d’une expertise avérée. Il y a aussi les infrastructures et des secteurs comme l’eau, dans lesquelles les entreprises marocaines peuvent investir», décrit-il.

Avec une superficie de plus d'un million de km2, la Mauritanie est un pays 1,5 fois plus grand que le Maroc, où vivent près de 4,5 millions d’habitants. Le pays a les moyens de sa nouvelle stratégie. Riche de ses récentes découvertes en gaz, avec une entrée en exploitation dès 2023, ce voisin du sud compte également de grandes réserves en uranium, fer, cuivre et or. A tout cela, s’ajoute un littoral très poissonneux, offrant des perspectives en pêche maritime aux potentialités infinies (Cf encadré ci-dessous).

Le cadre de coopération entre le Maroc et la Mauritanie est déjà tracé, et il se matérialise notamment par les travaux réguliers de la Commission mixte réunissant les deux pays. Tenue en mars 2022 à Rabat, la 8e session de cette commission a d’ailleurs donné lieu à la signature de 13 nouvelles conventions de coopération, intéressant des secteurs comme l’agriculture, la production animale, la pêche, le tourisme, l’aménagement du territoire, l’urbanisme ou encore la formation professionnelle. Signe de l’engouement du patronat marocain pour le voisin du sud, plus de 100 chefs d’entreprises se sont rendus dans ce pays en 2019, et tous les secteurs stratégiques marocains étaient représentés.

Voici, dans le détail, les projets de développement lancés par la Mauritanie et auxquels les entreprises marocaines sont appelées à participer dans le cadre de PPP:

Une station de production d’eau potable dans la zone nord du paysConstruction et exploitation d’une unité de production et d’adduction d’eau potable pour un coût d’investissement estimé à 3,5 milliards de dollars.

Une autoroute reliant Nouakchott à Boutilimit Construction d’une autoroute à péages reliant Nouakchott et Boutilimit en double voies (2x2) de 136,95 km avec plusieurs bretelles d’accès. Le coût d’investissement total est estimé à 379 millions de dollars.

Un complexe intégré de production de sucre à Foum Gleita Ce projet vise à couvrir partiellement les besoins nationaux mauritaniens en sucre, renforcer la sécurité alimentaire du pays et créer quelque 7.000 emplois. Il comprend une unité de production de sucre raffiné à partir du sucre roux (110.000 T/an), une unité de production d’électricité et des unités de production d’aliments de bétail et de fertilisants.

Rénovation et extension des dépôts pétroliers de Nouakchott et de Nouadhibou Ce projet vise à palier les capacités limitées à Nouakchott et Nouadhibou et le tirant d’eau faible sur les deux sites. Le coût du projet est de 160 millions de dollars.

Port en eaux profondes de NouadhibouLe projet entend répondre aux besoins d’import/export résultant de la croissance de la population et de l’économie, donner les moyens logistiques portuaires nécessaires à la mise en œuvre de la stratégie de développement du secteur halieutique et améliorer les conditions d’approvisionnement du secteur minier. Le coût d’investissement est de 323 millions de dollars.

Exploitation de terrains agricoles dans le sud du paysCe projet prendra la forme d’un parc dédié à l’agrobusiness au sud du pays. La zone de la vallée du fleuve Sénégal dispose de ressources en eau et d’une végétation à même de permettre le développement d'activités agro-sylvo-pastorales.

Mauritanie: un énorme potentiel de développement et des ressources précieusesEn 2020, la Mauritanie a produit 12,5 millions de tonnes de minerai de fer, principalement exportés vers la Chine, le Japon et l’Allemagne. Le secteur représente en moyenne 15% du PIB, 32% des recettes d’exportations et 30% de recettes budgétaires. Il est géré par la Société nationale industrielle et minière, dans laquelle l'ONHYM (Maroc) est actionnaire à hauteur de 2,3%.

L’or mauritanien est, quant à lui, exploité par le groupe canadien Kinross, cinquième producteur d’or au monde et premier investisseur privé en Mauritanie. En 2020, la production d’or de Tasiast Mauritanie Limited SA, filiale du groupe canadien, s’est établie à 12,6 tonnes d’or avec des coûts de production tombées à 584 dollars l’once d’or au moment où le prix de l’once dépasse les 1.800 dollars. Des recettes fortement sous-évaluées, du fait qu’une grande partie de la production est acheminée à l’extérieur du pays via des canaux informels.

La Mauritanie dispose également de l’une des côtes les plus poissonneuses du monde. Il s’agit d’un secteur stratégique avec 1,4 million de tonnes de poissons pêchés pour 65.000 emplois et une contribution au PIB de l’ordre de 5%. Le secteur souffre d’une surexploitation et d'un manque de surveillance des côtes face aux navires pilleurs étrangers.

A partir de début 2023, la Mauritanie va intégrer le cercle des producteurs et exportateurs de gaz, grâce au démarrage du projet de gaz naturel liquéfié (GNL) Grand Tortue Ahmeyim. Le coût d’investissement est de 4,8 milliards de dollars. Les découvertes prouvées portent sur 425 milliards de mètres cubes, que se partagent la Mauritanie et le Sénégal.

La Mauritanie dispose aussi de nombreuses autres ressources naturelles, dont le cuivre (4,7% des recettes d’exportation), le gypse, l’uranium etc.

Par Tarik Qattab
Le 08/07/2022 à 12h43