Ligne de crédit modulable: le FMI accorde 5 milliards de dollars au Maroc

La ministre de l'Economie et des finances, Nadia Fettah, recevant Kenji Okamura, directeur général adjoint du Fonds monétaire international, le 8 mars 2023 à Rabat.

Réuni ce lundi 3 avril 2023, le conseil d’administration du Fonds monétaire international a approuvé un accord de deux ans en faveur du Maroc au titre de la ligne de crédit modulable. Ce crédit est doté de 5 milliards de dollars.

Le 03/04/2023 à 22h53

Le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé ce lundi 3 avril un accord de deux ans en faveur du Maroc au titre de la ligne de crédit modulable (LCM) pour un montant équivalant à 5 milliards de dollars, soit 417% de la quote-part.

Dans un communiqué rendu public ce lundi, le FMI indique que depuis 2012, le Maroc a bénéficié de quatre accords successifs au titre de la ligne de précaution et de liquidité (LPL), d’un montant d’environ 3 milliards de dollars chacun. La première LPL a été approuvée le 3 août 2012, et trois autres ont été approuvées le 28 juillet 2014, le 22 juillet 2016 et le 17 décembre 2018. La quatrième LPL a expiré le 7 avril 2020, lorsque les autorités ont acheté toutes les ressources disponibles dans le cadre de la LPL pour limiter l’impact social et économique de la pandémie de Covid-19 et permettre au Maroc de maintenir un niveau adéquat de réserves officielles pour atténuer les pressions sur la balance des paiements.

«Si les accords de la LPL ont bien servi le pays dans le passé, les très solides fondamentaux cadres institutionnels et antécédents économiques dans la mise en œuvre de politiques économiques très solides, ainsi que l’engagement continu à maintenir ces politiques à l’avenir, tous justifient la transition vers un accord de la LCM», lit-on. D’après le FMI, un accord de la LCM aiderait le Maroc à relever le défi de la reconstruction de la marge de manœuvre de politiques économiques, tout en accélérant la mise en œuvre de son programme de réformes structurelles dans un environnement extérieur de plus en plus risqué.

À l’issue des délibérations du conseil d’administration sur le Maroc, Antoinette Sayeh, directrice générale adjointe du FMI et présidente par intérim du Conseil, a déclaré que «les politiques macroéconomiques et le cadre institutionnel très solides du Maroc ont permis à son économie de rester résiliente face aux multiples chocs négatifs qui se sont produits au cours des trois dernières années, notamment la pandémie, les deux sécheresses et les retombées de la guerre de la Russie en Ukraine. À l’avenir, les autorités marocaines restent déterminées à reconstituer des marges de manœuvre de politique économique, à apporter une réponse globale aux nouveaux chocs et à poursuivre la mise en œuvre de vastes réformes structurelles nécessaires pour rendre la croissance économique plus forte, plus résiliente et plus inclusive».

Il y a toutefois un bémol: «Malgré cette résilience, l’économie marocaine reste vulnérable à une détérioration de l’environnement économique et financier mondial, à une volatilité accrue des prix des matières premières et à des sécheresses récurrentes.» Dans ce contexte, précise Antoinette Sayeh, l’accord de la LCM renforcera les coussins extérieurs du Maroc et fournira au pays une assurance supplémentaire contre les risques extrêmes. «Les autorités ont l’intention de considérer le dispositif de la LCM comme une mesure de précaution et d’y mettre fin dès que la période de 24 mois sera écoulée, en fonction de l’évolution des risques», conclut la responsable du FMI.

Par Youssef Bellarbi
Le 03/04/2023 à 22h53