Le Maroc progresse dans le classement Business Ready, mais l’efficacité opérationnelle reste un défi

Le siège de la Banque mondiale à Washington, Etats-Unis.

Revue de presse La deuxième édition du rapport de la Banque mondiale sur le climat des affaires souligne les avancées du Maroc en matière de cadre réglementaire et de services publics, avec un score global en hausse. Mais le pays doit encore surmonter des obstacles liés à la mise en œuvre concrète des règles pour transformer ses réformes en réel avantage compétitif. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Economiste.

Le 29/12/2025 à 19h17

Le Maroc poursuit sa progression dans le classement Business Ready de la Banque mondiale, comme le révèle la deuxième édition du rapport publiée le lundi 29 décembre. «Avec un score global de 63,44 points sur 100, en hausse par rapport aux 62,41 points enregistrés lors de la première édition, le Royaume se situe désormais au-dessus de la moyenne mondiale, qui s’établit à 60,11 points», rapporte le quotidien L’Economiste dans son édition du mardi 30 décembre. Cette amélioration traduit des avancées notables dans le cadre réglementaire et la qualité des services publics, mais elle met également en lumière des faiblesses persistantes dans l’application concrète des règles.

Si le Royaume s’illustre par des progrès dans plusieurs domaines clés du cycle de vie de l’entreprise, la véritable limite reste l’efficacité opérationnelle. Dans ce pilier, le score recule à 55,7 points, contre 59,66 lors de la première édition, révélant un écart préoccupant entre la qualité des règles et leur mise en œuvre. Les entreprises continuent de faire face à des délais administratifs lourds, à des coûts de conformité élevés et à une complexité procédurale qui varient selon les administrations. «Efficiency gap», ou déficit d’efficacité, apparaît désormais comme le principal facteur qui distingue les économies capables de transformer un cadre réglementaire solide en avantage compétitif de celles qui restent freinées par des obstacles opérationnels.

«Le rapport souligne que la performance économique ne dépend plus uniquement de l’existence de règles strictes, mais de leur application réelle», écrit L’Economiste. À l’échelle internationale, les économies les mieux classées sont celles qui parviennent à réduire les frictions administratives et à simplifier la conformité pour les entreprises. Au Maroc, cette dimension opérationnelle constitue désormais un enjeu crucial, notamment sur le marché du travail et dans le traitement des difficultés rencontrées par les entreprises. Ces deux leviers sont essentiels pour stimuler l’investissement privé et favoriser la création d’emplois durables.

Malgré ces défis, le Maroc affiche des avancées significatives dans plusieurs domaines. Les services publics enregistrent un score de 64,55 points, reflétant les effets positifs de la digitalisation et de la modernisation administrative. Les entreprises bénéficient d’une performance élevée dans les services d’utilité publique, le commerce international, la création et l’implantation d’entreprises, ainsi que dans les services financiers, avec des scores respectifs de 80,05, 74,5, 73,95, 73,82 et 68,24 points. Ces résultats témoignent de l’impact concret des réformes engagées, notamment dans le cadre de la feuille de route 2023-2026 pilotée par le Comité national de l’environnement des affaires (CNEA).

Dans ce contexte, le Maroc se positionne favorablement à l’échelle continentale et régionale. Il se classe deuxième en Afrique, derrière le Rwanda, et deuxième dans le monde arabe, juste après Bahreïn. Une performance d’autant plus remarquable que le périmètre de l’étude s’étend désormais à 101 économies, dont près de 60% présentent un revenu par habitant supérieur à celui du Royaume. Ce classement confirme le Maroc comme un acteur régional solide en matière de climat des affaires, tout en soulignant la nécessité de poursuivre les efforts pour réduire les obstacles opérationnels et maximiser l’efficacité des réformes.

Par La Rédaction
Le 29/12/2025 à 19h17