Dans sa dernière évaluation des risques pays, publiée en juin 2026, l’assureur-crédit Coface a maintenu la note du Maroc à «B». Si cette évaluation invite à la vigilance, elle permet néanmoins au Royaume de se hisser au premier rang en Afrique du Nord. «Cette performance est confortée par un climat des affaires jugé «convenable», avec une note de «A4», témoignant d’une relative résilience face à l’instabilité de son environnement régional», indique le quotidien L’Économiste dans son édition du lundi 29 juin.
La résilience de l’économie marocaine repose avant tout sur la solidité de ses moteurs internes. Selon la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) et Bank Al-Maghrib (BAM), le secteur primaire enregistre un redressement spectaculaire, avec une campagne céréalière estimée à 90 millions de quintaux, contre 43,1 millions lors de la précédente saison. Parallèlement, l’inflation reste maîtrisée aux alentours de 1,5% en moyenne annuelle, préservant le pouvoir d’achat et offrant une visibilité accrue aux investisseurs. La demande intérieure demeure, quant à elle, soutenue par la progression constante des transferts des Marocains résidant à l’étranger, en hausse de 9,8% à fin avril 2026.
Toutefois, la dépendance énergétique demeure le principal point de vulnérabilité du pays. En tant que grand importateur de produits pétroliers, le Maroc subit l’impact des tensions géopolitiques au Moyen-Orient observées au premier semestre. Malgré une accalmie consécutive à l’accord diplomatique entre les États-Unis et l’Iran, la facture énergétique nationale s’est alourdie de 12% à fin avril 2026 pour atteindre 41,8 milliards de dirhams. «Ce renchérissement a entraîné un creusement de 18,4% du déficit commercial, malgré le dynamisme des exportations automobiles (+18,6 %) et aéronautiques (+15, %)», note L’Économiste.
Sur le front des finances publiques, l’État maintient un effort d’investissement soutenu, avec des dépenses d’équipement en hausse de 17% à fin mai 2026. Cette politique ambitieuse s’accompagne toutefois d’une augmentation des dépenses ordinaires, notamment de la masse salariale et de la charge de la dette, poussant le gouvernement à ouvrir 20 milliards de dirhams de crédits budgétaires supplémentaires pour l’année.
Le secteur privé prend le relais de cette dynamique grâce à un financement bancaire particulièrement actif. Les crédits à l’équipement ont bondi de 29,6% à fin avril 2026, parallèlement à une hausse des importations de biens de production. Pour l’ensemble de l’exercice, la banque centrale anticipe une accélération de 6,8% du crédit bancaire au secteur non financier.
En définitive, le profil de risque souverain du Maroc apparaît équilibré. Grâce à un niveau confortable de réserves de change, le Royaume démontre sa capacité à absorber les chocs extérieurs. Bien que la note «B» rappelle sa sensibilité aux fluctuations des marchés mondiaux, la rigueur de sa gestion macroéconomique réaffirme son statut de valeur refuge à l’échelle régionale.




