Immobilier: les transactions s’effondrent de 40% face à une crise sans précédent

Le secteur immobilier marocain traverse une zone de fortes turbulences.. DR

Revue de presseFrappé par un effondrement global des ventes et une paralysie des mises en chantier, le secteur immobilier marocain traverse une zone de fortes turbulences. Entre lourdeurs administratives, flambée du foncier et nouvelles restrictions sur les studios à Casablanca et Rabat, les promoteurs tirent la sonnette d’alarme, même si la demande structurelle des ménages et des MRE maintient le marché sous perfusion. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Economiste.

Le 05/07/2026 à 19h47

Le marché immobilier marocain traverse actuellement une crise sans précédent, caractérisée par une baisse spectaculaire de 40% des ventes au cours des deux dernières années. Selon les dernières données publiées par Bank Al-Maghrib et l’Agence nationale de la conservation foncière, cette tendance baissière s’accentue de mois en mois et touche désormais l’ensemble des régions et des segments du secteur, qu’il s’agisse du résidentiel, du foncier ou des biens professionnels. «À Rabat, les transactions se sont effondrées de 55,4%, tandis que Marrakech et Casablanca enregistrent des reculs respectifs de 43,3% et 37,8%», écrit le quotidien L’Economiste dans son édition du lundi 6 juillet.

Ce marasme est alimenté par un net ralentissement de la production et des mises en chantier, qui paralyse toute la chaîne de valeur du bâtiment, des fabricants de matériaux aux architectes. Les professionnels pointent du doigt la lourdeur et la complexité des procédures d’autorisation de construire, mais aussi la rareté et le coût élevé du foncier dans les grandes métropoles. La situation est aggravée par le doublement de la taxe sur les terrains non bâtis en zone urbaine, passée de 15 à 30 dirhams le mètre carré, un surcoût systématiquement répercuté sur l’acheteur final dans un contexte déjà marqué par l’inflation et la hausse du coût des matériaux.

Face à cette crise, de nouvelles contraintes réglementaires viennent crisper le secteur. Les autorités locales de Casablanca et de Rabat ont ainsi décidé d’interdire la construction de studios de moins de 60 mètres carrés. Cette mesure vise à freiner la spéculation sur le locatif de courte durée à l’approche de la Coupe du monde 2030, au détriment du logement des ménages. Une décision contestée par les promoteurs, qui privilégient ces produits à forte rotation. «En parallèle, l’introduction, en 2024, du quitus fiscal obligatoire pour finaliser les ventes et l’interdiction des actes sous seing privé par le ministère de l’Intérieur provoquent de nombreux blocages et retards administratifs», souligne L’Economiste.

Malgré ce tableau sombre, les opérateurs constatent que la demande structurelle reste solide. Le marché est soutenu par les primo-acquéreurs, les jeunes couples, les ménages souhaitant s’agrandir après avoir remboursé leur premier crédit, ainsi que par les investissements réguliers des Marocains résidant à l’étranger sur le littoral et dans les zones touristiques. Les professionnels tirent la sonnette d’alarme et appellent les pouvoirs publics à une prise de conscience urgente afin d’engager un véritable plan de relance.

Par La Rédaction
Le 05/07/2026 à 19h47