HCP: la probabilité d’inactivité des Marocaines culmine à 73%, soit presque 10 fois supérieure à celle des hommes

La probabilité d’inactivité des femmes au Maroc est près de 10 fois supérieure à celle des hommes. (Photo d'illustration)

La probabilité d’inactivité des femmes au Maroc atteint un taux de 73%, presque dix fois plus élevée que celle des hommes. C’est ce que révèle le Haut-commissariat au plan (HCP) dans une étude sur la participation des femmes au marché du travail, réalisée dans le cadre du Partenariat d’assistance technique-Mécanisme de déploiement d’experts (PAT-MDE), programme financé par le gouvernement du Canada.

Le 25/03/2024 à 12h53

Une étude intersectionnelle sur la participation des femmes au marché du travail, réalisée dans le cadre du Partenariat d’assistance technique - Mécanisme de déploiement d’experts (PAT-MDE), initiative financée par le gouvernement du Canada, le Haut-commissariat au plan (HCP) révèle que la probabilité d’inactivité des femmes au Maroc atteint un taux de 73%. Ce taux est presque dix fois supérieur à celui des hommes, dont la probabilité d’inactivité est estimée à 7,5%.

Cette disparité est d’autant plus marquée chez les femmes mariées, dont la probabilité d’être inactive atteint 81,9% (contre 3,1% chez les hommes mariés), et chez les jeunes femmes âgées de 25 à 34 ans, avec une probabilité de 79,4% (contre 3,3% pour les jeunes hommes).

Les facteurs du cycle de vie et éducation

L’étude montre aussi que l’implication des femmes et des hommes dans le marché du travail dépend de leur cycle de vie, soulignant des parcours et des défis distincts liés au genre. Pour les femmes, les probabilités d’inactivité prennent la forme d’une courbe en «U», où elles tendent à baisser en passant d’une probabilité de 83% pour les plus jeunes (25-26 ans) pour atteindre une probabilité de 72% à l’âge de 43-44 ans, pour ensuite augmenter à 77,6%. Pour les hommes, la probabilité d’inactivité augmente avec l’âge, passant de 5% pour les plus jeunes (25-26 ans) à 24% pour ceux âgés de 57 à 59 ans.

En outre, l’éducation se distingue comme un facteur clé modulant l’inactivité des femmes. Les variations des probabilités entre les niveaux d’éducation sont plus prononcées chez les femmes que chez les hommes. Ainsi, les personnes n’ayant pas de diplôme ont les probabilités d’inactivité les plus élevées, avec des différences importantes entre les hommes (6,8%) et les femmes (80,8%).

Le poids de la famille et des traditions

Cependant, à mesure que le niveau d’éducation augmente, les probabilités d’inactivité baissent significativement, de 42 points de pourcentage pour les femmes ayant un diplôme supérieur, pour atteindre 38,6%. Pour les hommes, et compte tenu de leur faible niveau, leur probabilité d’inactivité ne diminue que de 1,7 point de pourcentage.

Toutefois, précise le HCP, l’inactivité des femmes, même jeunes et dotées d’un diplôme supérieur, reste fortement influencée par le poids de la famille et des considérations culturelles et sociales traditionnelles.

Cette probabilité chez les femmes mariées diplômées, bien qu’élevée, reste cependant inférieure à celle des autres profils de femmes mariées sans diplôme ou avec un diplôme de niveau moyen. Ces dernières ont les probabilités d’inactivité les plus élevées, variant de 87,7% à 90,9%. La présence d’enfants dans le ménage ne semble pas influencer de manière significative les décisions de participation pour ces profils en particulier.

Diplôme supérieur et probabilité d’inactivité

L’effet cumulatif du mariage, de l’âge et du diplôme détermine en grande partie le degré restreint d’accessibilité de ces femmes au marché du travail. En parallèle, le profil des hommes les plus enclins à l’inactivité se distingue nettement de celui des femmes. Ce sont les hommes célibataires, âgés entre 45 et 59 ans, sans diplôme ou ayant un diplôme moyen, qui ont les probabilités les plus élevées d’être inactifs, variant entre 31,2% et 49,7%.

En considérant les profils les moins susceptibles d’être inactifs, les résultats indiquent que pour les femmes, le célibat et un niveau d’éducation supérieur sont associés à de faibles probabilités d’inactivité variant entre 13,4% et 18,2%, notamment pour celles âgées entre 25 et 44 ans.

Contrairement à l’analyse monocausale, avoir un diplôme supérieur n’est pas synonyme d’une faible probabilité d’inactivité pour l’ensemble des profils des femmes, note le HCP. Pour les femmes ayant un diplôme supérieur, âgées entre 25 et 44 ans, mais mariées, leur probabilité d’inactivité augmente significativement à 36% pour celles n’ayant pas d’enfants dans le ménage, et à 53% pour celles ayant des enfants dans le ménage. De plus, le profil présentant le risque d’inactivité le plus élevé parmi les femmes possédant un diplôme supérieur est celui des jeunes femmes mariées, âgées de 25 à 34 ans, et ayant au moins un enfant dans le ménage, dont la probabilité d’inactivité atteint 60%.

Des disparités selon les régions

Par ailleurs, l’examen des probabilités d’inactivité au niveau régional révèle l’impact significatif du contexte géographique et socio-économique sur la participation des femmes au marché du travail. Contrairement aux hommes qui ont des probabilités d’inactivité ne dépassant pas 8% dans l’ensemble des régions, celles des femmes sont beaucoup plus dispersées.

En effet, les femmes de la région de Laâyoune-Sakia El Hamra sont les plus exposées à l’inactivité avec une probabilité de 87%. Elle est suivie de près par la région de l’Oriental et Souss-Massa, où les probabilités d’inactivité atteignent respectivement 83% et 82%. À l’opposé, les régions de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Casablanca-Settat et Rabat-Salé-Kénitra présentent les probabilités les plus faibles parmi les régions, bien que toujours élevées, atteignant respectivement 68%, 70,8% et 74,9%.

Par Le360 (avec MAP)
Le 25/03/2024 à 12h53