Hajj 1443: les voyagistes font état de plusieurs désistements, voici pourquoi

L'un des rites du pèlerinage du Hajj de l'année hégirienne 1442, avec un nombre très limité de fidèles autour de la Kaaba, à La Mecque (le 17 juillet 2021). . DR

Cette année de l'Hégire 1443, la demande pour l’opération Hajj a du mal à se maintenir par rapport aux précédentes, notamment en raison de la conjoncture économique difficile. L’offre est toutefois diversifiée. Le point avec Mohamed Semlali, président de la Fédération nationale des agences de voyages du Maroc.

Le 29/05/2022 à 12h35

De nombreux fidèles qui attendaient avec impatience l’ouverture des lieux saints de La Mecque pour effectuer les rites du Hajj ont été forcés de faire marche arrière et de renoncer à ce voyage spirituel. C’est ce que confirme Mohamed Semlali, président de la Fédération nationale des agences de voyages du Maroc, dans une déclaration pour Le360.

Selon Semlali, les agences de voyages font état de nombreuses annulations, lesquelles ne sont pas intrinsèquement liées à la hausse des tarifs constatée cette année, mais plutôt au fait que plusieurs personnes ont dépensé leurs économies, ou l’argent qu’elles avaient dédié à ce rituel, pour d’autres besoins. «Il faut tout d'abord citer la hausse des prix des billets d’avion proposés par toutes les compagnies aériennes. Ceux-ci s'élèvent désormais à 14.500 dirhams par personne. Au prix élevé du kérosène, s'ajoute aussi le taux de change», explique-t-il.

«De plus, l’Arabie saoudite a augmenté la TVA, qui est passée de 5 à 15%, en plus des 5% habituels de taxes communales, soit un total de 20%. Il s’agit de charges supplémentaires qui alourdissent par conséquent les frais de ce voyage spirituel», ajoute le président de la Fédération nationale des agences de voyages du Maroc, relevant que l’augmentation des tarifs est aussi liée à l’amélioration par ces agences de la qualité des prestations qu’elles proposent, comme le logement et la nourriture, entre autres.

En effet, poursuit Semlali, dans le cadre du cahier de charges imposé par le ministère du Tourisme aux voyagistes, les agences de voyages sont tenues de fournir un service «amélioré». «Cette bonification de nos services coûte, au moins, entre 2.000 et 3.000 dirhams par pèlerin», fait-il savoir.

Pour ce qui est des prix des prestations proposées, notre interlocuteur signale que les offres disponibles sont à partir de 67-68.000 dirhams pour les produits sociaux, soit une différence de près de 4.000 dirhams par rapport aux frais des pèlerins encadrés par le ministère des Habous et des affaires islamiques, lesquels ont été fixés à 63.800 dirhams. Pour Semlali, cet écart s’explique par la différence des prix des billets d’avion réglés par la tutelle et les voyagistes. 

«Si l’on fait un calcul, en fin de compte, les agences de voyages n'ont pas augmenté les tarifs qu’elles proposent. De plus, leur marge ne dépasse pas 2.500 à 3.000 dirhams maximum par pèlerin. Notre fédération a convenu avec tous les voyagistes de proposer des formules à des prix raisonnables aux personnes qui en bénéficieront, et qui sont au nombre de 5.206», conclut-il.

Pour rappel, le Hajj de cette année sera limité aux pèlerins vaccinés âgés de moins de 65 ans. Les voyageurs venant de l’extérieur de l’Arabie saoudite devront également présenter un test PCR négatif de moins de 72 heures.

Les pèlerins marocains autorisés à prendre part à ce voyage dans les lieux saints de l’islam ne sont autres que ceux tirés au sort en 2019. Dans le cas où le quota n’est pas atteint, un recours à la liste d’attente sera obligatoire, tout en respectant toujours la condition d’âge, avait indiqué le ministère des Habous.

Par Hajar Kharroubi
Le 29/05/2022 à 12h35