Gazoduc Afrique-Europe: avant l’échéance de 2026, le Maroc accélère la cadence

Amina Benkhadra, directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines (Onhym),

Revue de presseÀ l’approche de la signature de la convention finale prévue d’ici la fin de l’année 2026, le projet stratégique de gazoduc reliant le Nigéria au Maroc franchit ses ultimes étapes techniques et institutionnelles. Accompagnant la transformation récente de l’Office national des hydrocarbures et des mines (Onhym) en société anonyme, cette infrastructure continentale opérationnalise une vision d’intégration industrielle régionale et de sécurité énergétique durable, soutenue par l’intérêt croissant des plus grands groupes mondiaux. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 04/08/2026 à 18h42

Le projet de gazoduc devant relier le Nigéria au Maroc, en traversant plus d’une dizaine de pays d’Afrique de l’Ouest pour s’acheminer vers l’Europe, franchit actuellement une phase décisive de son calendrier stratégique. Selon de récentes déclarations d’Amina Benkhadra, directrice générale de l’On ym, déclarations relayées par Al Ahdath Al Maghribia de ce mercredi 5 août, la signature du contrat final régissant cet ouvrage d’envergure internationale est officiellement prévue avant la fin de l’année en cours. Cette étape fondamentale scellera le passage de la phase d’études techniques et réglementaires à la mise en œuvre opérationnelle sur le terrain, marquée par la constitution de la société de projet dédiée à la gouvernance et au déploiement des infrastructures.

D’après les précisions apportées lors d’un entretien accordé par Amina Benkhadra à The Energy Year, un média spécialisé, le projet a désormais dépassé le stade des études d’ingénierie préliminaires et d’ingénierie de détail. Les évaluations relatives à son impact environnemental et social arrivent également à leur terme. Par ailleurs, l’accord gouvernemental inter-États a reçu la validation de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, sous réserve de la finalisation des procédures juridiques nationales.

Le tracé du gazoduc, qui ne se limite pas à un simple vecteur de transport de ressources hydrocarbures, a été conçu comme un levier de transformation économique régionale capable de stimuler l’intégration économique et de garantir un accès accru à l’énergie pour des millions d’habitants à travers le continent, tout en contribuant à la sécurité énergétique du marché européen où environ la moitié du gaz acheminé est destinée à être exportée.

En parallèle, l’Onhym a opéré une mutation institutionnelle majeure, en actant sa transformation formelle en société anonyme au cours du mois de juin dernier. Ce changement de statut intervient dans la lignée de l’opérationalisation de la réforme globale des Entreprises et établissements publics (EEP), qui se fixe pour objectifs fondamentaux de moderniser les modes de gouvernance, de renforcer l’autonomie financière de l’entité et d’accroître sa capacité à capter des investissements internationaux massifs et à sceller des partenariats stratégiques à long terme, rappelle Al Ahdath Al Maghribia.

En ce qui concerne les orientations énergétiques nationales, Amina Benkhadra a souligné la vision globale poursuivie par le Maroc, vision fondée sur la complémentarité des sources et non sur une mise en concurrence du gaz naturel et des énergies renouvelables. Le développement des infrastructures d’importation de gaz naturel liquéfié s’effectue parallèlement à la concrétisation du gazoduc africain et à l’augmentation de la production gazière locale, notamment à partir des gisements du Gharb, d’Essaouira et de Tendrara, ce qui garantira une flexibilité et une sécurité optimales au réseau national.

Sur le plan de la prospection géologique, les données collectées ces dernières années confirment des potentiels prometteurs pour les bassins sédimentaires marocains, aussi bien au sol que le long de la façade atlantique.

Les découvertes récentes du champ Anchois au large de Larache, les accumulations identifiées au large de Boujdour, ainsi que les indices pétroliers observés entre Agadir et Tarfaya renforcent l’attractivité du sous-sol auprès des majors internationales. Ces perspectives incitent de grands groupes mondiaux tels que TotalEnergies, Shell, Chevron, ConocoPhillips, ENI ou ExxonMobil à manifester un intérêt soutenu, ou à s’engager dans le domaine minier marocain.

La stratégie minière et énergétique du Maroc, qui ne se cantonne plus à l’extraction brute de matières premières destinées à l’exportation, vise désormais l’intégration industrielle locale à forte valeur ajoutée, en valorisant l’ensemble des ressources disponibles, des phosphates au cobalt, en passant par le manganèse, le cuivre et les terres rares. À cet égard, le gazoduc Nigéria-Maroc s’impose non pas comme une simple conduite de gaz, mais comme la colonne vertébrale d’un corridor industriel et énergétique transcontinental, scellant un partenariat sud-sud durable et équilibré entre l’Afrique et l’Europe.

Par La Rédaction
Le 04/08/2026 à 18h42