Forum Centraliens Supélec: vingt-deux recommandations pour relever les défis de la planification urbaine

Said El Baghdadi, président de l’Association Centrale Supélec Alumni Maroc, lors de la clôture de la 7e édition du Forum Centraliens Supélec, lundi 14 novembre 2022. . Said Bouchrit / Le360

Le 15/11/2022 à 10h20

VidéoRéunis du 13 au 14 novembre 2022 à Casablanca, dans le cadre de la 7e édition du Forum Centrale Supélec, les membres de la communauté des Centraliens-Supélec se sont penchés sur les défis et enjeux de la planification urbaine durable. Plusieurs recommandations ont été dégagées à l’issue des travaux de ce forum.

«Quelle planification urbaine pour une ville durable?». C’est la question à laquelle les membres de la communauté Centraliens-Supélec ont essayé de répondre, dans le cadre de la 7e édition du Forum Centrale Supélec, qui s’est déroulée en deux temps, le 13 et le 14 novembre 2022 à Casablanca. Cet évènement a également été l’occasion de porter un regard critique et constructif sur la ville marocaine, notamment au niveau de sa conception, de sa fabrication et de sa gouvernance.

L’objectif, pour les organisateurs, est de sensibiliser les membres aux principaux enjeux de la ville, de faire émerger de nouvelles vocations et idées de projets, ainsi que de réaffirmer la posture de la communauté des Centraliens-Supélec en tant que force de proposition, en quête de transformation des grands défis en opportunités de développement, notamment au niveau des villes marocaines.

«Notre objectif principal est de positionner ce forum en tant que force de proposition, de véritable think tank. On reproche souvent aux lauréats des grandes écoles de bouder les débats publics et la politique. Or ce forum, qui a été créé en 2007, vient plus que jamais infirmer un tel constat», a déclaré Said El Baghdadi, président de l’association Centrale Supélec Alumni Maroc (ACSM).

Cet évènement vise également à enrichir la réflexion sur les pistes pour améliorer le processus de la planification urbaine, et à participer à la mise en œuvre du nouveau modèle de développement qui incite à favoriser un aménagement intégré des territoires, améliorer l’habitat et le cadre de vie et renforcer la connectivité et la mobilité.

La première journée du forum a été consacrée aux ateliers organisés autour de quatre sous-thématiques: «La planification urbaine: reengineering du processus et de la gouvernance», «la planification urbaine et l’inclusion socio-économique et le bien-être», «la planification urbaine et les défis de la mobilité» et «la planification urbaine et les enjeux de la durabilité».

Les travaux menés dans le cadre de ces ateliers ont permis de sortir avec un nombre de recommandations destinées aux décideurs, et qui visent à faire avancer la réflexion sur la planification urbaine et à mettre en lumière les principes et les prérequis de la ville durable. Celles-ci ont été présentées lors de la conférence plénière tenue, ce lundi 14 novembre, suite aux interventions de plusieurs personnalités appartenant à diverses sphères politiques et économiques.

Lors de son intervention, Said El Baghdadi a mis en exergue les défis de la planification urbaine et des problématiques qui entravent le développement des villes marocaines, malgré les grands efforts et les investissements conséquents des pouvoirs publics. Il a également mis l’accent sur l’importance de la participation et l’implication de l’ensemble des acteurs dans l’élaboration de nouvelles politiques susceptibles d’accompagner l’évolution fulgurante et accélérée de l’urbanisation.

Pour relever ces défis et appuyer la planification urbaine durable, l'ACSM a présenté vingt-deux recommandations, qui s’articulent autour de quatre axes clés, à savoir la stratégie de développement de la ville de demain, le processus et la gestion de l’urbanisme, la gouvernance et le cadre juridique de l’urbanisme, en plus de l’écoute et la mobilisation de la société civile.

Commentant ces recommandations, Said Ahmidouch, wali de la région de Settat-Casablanca, gouverneur de la préfecture de Casablanca a indiqué: «aujourd’hui, les villes marocaines sont inscrites dans une logique de changement et de transition, et doivent tenir compte de la rareté des ressources (eau, terrains agricoles, foncier…). J’ai noté que l’ensemble des recommandations tendait à aller dans le sens d’une planification urbaine moderne et durable qui invite fortement à remettre en question certaines visions adoptées auparavant».

De manière globale, les recommandations invitent à promouvoir une nouvelle approche de la planification urbaine qui intègre la prise en compte des effets du changement climatique et des principes de durabilité, les enjeux de la nouvelle mobilité et enfin, une approche centrée autour du citoyen et qui encourage l’inclusion et la mixité sociale et fonctionnelle. Elles appellent également au développement de villes intermédiaires en les dotant d’équipements et de services à même d’augmenter leur attractivité.

En outre, ces recommandations invitent aussi à réfléchir à la mise en place d’une instance nationale chargée d’identifier les orientations stratégiques, tout en revisitant le cadre juridique et en facilitant la subsidiarité, la déconcentration et la collaboration des parties prenantes nationales et territoriales entre elles via la mise en place de passerelles réservées aux documents de planification territoriale.

Les participants ont, par ailleurs, appelé à promouvoir le partenariat public-privé pour faciliter et accélérer le financement des projets clés, mais aussi l’innovation notamment en matière de gestion du foncier partagé, en plus d’encourager la finance durable et d’appeler à l’implémentation d’une taxe carbone.

Le 15/11/2022 à 10h20