Flexibilité du dirham: malgré l'insistance du FMI, Abdellatif Jouahri s'oppose à un nouvel élargissement

Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib. . AL MOURCHID / MAP

Le wali de la Bank Al-Maghrib n’a pas changé d’avis sur la flexibilisation des changes. Pour Abdellatif Jouahri, il est toujours inapproprié d’effectuer un nouvel élargissement de la bande de fluctuation du dirham, le tissu économique marocain n’étant pas encore prêt.

Le 18/10/2022 à 19h35

En dépit des dernières recommandations du FMI, pour accélérer la réforme de flexibilisation des changes, le gouverneur de Bank Al-Maghrib dit niet à un nouvel élargissement. Interpellé sur cette question lors de son passage sur la chaîne de télévision Sky News Arabia, Abdellatif Jouahri a expliqué que le Maroc n’est pas en mesure de passer à la deuxième étape de flexibilité du dirham, en raison de la conjoncture économique, marquée par la crise.

Le gouverneur de la Banque centrale a également signalé que les petites entreprises représentent 90% du tissu économique national et que les moyennes entreprises représentent 9% de ce tissu. En revanche, ce dernier n’est constitué que de seulement 1% de grandes entreprises. Ces 90% ne peuvent donc pas supporter un nouvel élargissement de la bande de fluctuation du dirham.

Il convient de signaler que le passage à un régime de change plus flexible au Maroc a démarré en septembre 2018, avec un premier élargissement de la bande de fluctuation de la monnaie nationale de ±0,3% à ±2,5%.

En mars 2020, une deuxième étape de la réforme a été enclenchée, avec un nouvel élargissement de la bande de fluctuation à ±5%. Depuis le démarrage de la réforme, et en dépit des craintes qui ont précédé ce processus, la monnaie nationale s’est montrée relativement stable par rapport à l’euro et au dollar.

Par Hajar Kharroubi
Le 18/10/2022 à 19h35