Essor entrepreneurial marocain en 2025: une dynamique contrastée

Le siège de l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale (OMPIC), à Casablanca.

Revue de presseLes créations d’entreprises progressent de 19% et de nouveaux pôles émergent, à l’image de Dakhla. Si l’innovation nationale gagne du terrain, elle reste toutefois marquée par une forte dépendance aux brevets étrangers et une contribution encore limitée des entreprises. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Economiste.

Le 25/08/2025 à 20h17

Au cours des cinq premiers mois de 2025, le Maroc a enregistré une dynamique entrepreneuriale remarquable, selon les dernières données publiées par l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale (OMPIC), dans son Bulletin d’août.

Si la région de Casablanca-Settat continue de dominer le paysage économique national, d’autres territoires, à l’image de Dakhla-Oued Ed-Dahab, affichent des performances spectaculaires qui témoignent de la montée en puissance de nouveaux pôles de croissance, indique le quotidien L’Economiste dans son édition du mardi 26 août.

Les chiffres sont parlants. Les créations d’entreprises ont bondi de 19% sur la période. Cette progression est portée surtout par l’essor de l’entrepreneuriat individuel (+24%), légèrement supérieur à celui des créations de sociétés (+17%). Une tendance qui pourrait refléter l’impact des politiques publiques de simplification administrative et l’attrait croissant des jeunes Marocains pour le statut de micro-entrepreneur.

Côté structures, la SARLAU (Société à responsabilité limitée à associé unique) reste de loin la formule privilégiée. Elle représente près de deux tiers (65,6%) des nouvelles sociétés, confirmant le choix des entrepreneurs pour un modèle qui sécurise leur patrimoine personnel tout en offrant de la flexibilité, lit-on.

Sur le plan géographique, la carte entrepreneuriale demeure marquée par une forte concentration. Casablanca-Settat conserve son rang de locomotive économique, particulièrement en matière de créations de sociétés. Toutefois, d’autres régions s’imposent de plus en plus dans le paysage. Rabat-Salé-Kénitra confirme son rôle de second pôle attractif, tandis que Dakhla-Oued Ed-Dahab signe la performance la plus spectaculaire. Dans cette région, les créations d’entreprises individuelles ont littéralement explosé, enregistrant une hausse de 506%. «Un signal fort de l’impact des investissements publics et des projets de développement régional destinés à dynamiser l’économie locale», souligne L’Economiste.

Le Bulletin met également en lumière l’évolution des dépôts de brevets. Entre janvier et mai 2025, 1.179 demandes ont été enregistrées, soit une progression notable de 32% pour les brevets marocains. Cependant, le déséquilibre reste frappant: seuls 154 brevets proviennent d’inventeurs marocains, contre 1.025 dépôts étrangers.

L’analyse de la provenance montre que les universités marocaines dominent largement, à l’origine de 68% des dépôts nationaux. Les entreprises, elles, ne contribuent qu’à hauteur de 14%, tout comme les particuliers, tandis que les centres de recherche plafonnent à 4%. Cette situation souligne un décalage persistant entre la recherche académique et le tissu productif, et met en avant la nécessité de renforcer les passerelles entre innovation scientifique et valorisation industrielle, lit-on encore.

Côté secteurs, l’innovation se concentre sur des domaines stratégiques: pharmaceutique (33%), biotechnologie (15%) et chimie fine organique (13%), traduisant une orientation nationale vers les industries de pointe.

Autre indicateur de l’activité économique: la délivrance des certificats négatifs, première étape de toute création d’entreprise. Elle a progressé de 11%, atteignant 63.355 certificats au total sur les cinq premiers mois de l’année. Les dénominations commerciales en représentent l’écrasante majorité (94%). Là encore, Casablanca-Settat domine avec plus d’un tiers des certificats, suivie par Rabat-Salé-Kénitra et Marrakech-Safi, qui confirment leur statut de pôles économiques structurants.

En revanche, le registre du design industriel connaît un léger recul. Les dépôts de dessins et modèles industriels (DMI) ont diminué de 6% en mai 2025. Malgré cela, la créativité nationale reste largement majoritaire, avec 85% des dépôts réalisés par des créateurs marocains.

La centralisation demeure marquée. Casablanca-Settat concentre plus de 70% des dépôts nationaux, loin devant le Souss-Massa, Marrakech-Safi et l’Oriental. L’activité est dominée par des produits utilitaires, principalement les emballages et récipients (46%), suivis par l’habillement et les jouets.

Par La Rédaction
Le 25/08/2025 à 20h17