Dégroupage: comment Maroc Telecom a lourdement perdu son pari devant inwi

Abdeslam Ahizoune, président du Directoire de Maroc Telecom. . Le360

Revue de presseQuelques mois après avoir payé une astreinte de 2,3 milliards de dirhams, l’opérateur historique a été condamné à payer près de 6,3 milliards de dirhams à son concurrent. Dans le landerneau économique marocain, le verdict fait l’effet d’une bombe. Cet article est une revue de presse tirée de Jeune Afrique.

Le 29/01/2024 à 20h55

Le tribunal de commerce de Rabat a condamné, ce lundi, Itissalat Al-Maghrib (IAM-Maroc Telecom) à verser 6,3 milliards de dirhams à son concurrent Wana, soit inwi. Une lourde sanction pour la deuxième capitalisation de la Bourse de Casablanca, dont le cours a dégringolé de 10% dans la foulée de cette annonce, indique le mensuel Jeune Afrique dans son édition électronique du 29 janvier.

Dans ce dossier à rebondissement, inwi dénonce une série de pratiques «anticoncurrentielles» de la part du groupe dirigé par Abdeslam Ahizoune à qui elle réclamait 6,85 milliards de dirhams d’indemnisation devant le tribunal de commerce. Cette décision judiciaire intervient quelques mois après le paiement par Maroc Telecom d’une astreinte de 2,45 milliards de dirhams dans le cadre d’une sanction de l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT) pour abus de position dominante.

Une affaire qui avait valu au groupe en 2020 une autre lourde sanction de plus de 300 millions d’euros. «Il était alors reproché au numéro un des télécoms marocaines de ne pas appliquer le dégroupage, une pratique qui prévoit le partage de certaines infrastructures de connexion à l’internet mobile et fixe avec la concurrence pour équilibrer le marché», précise le magazine.

Après avoir «pris acte » de la condamnation de l’opérateur historique par l’ANRT en 2020, inwi avait ainsi renoncé à une première plainte déposée en 2018. «Le conseil d’administration de Wana ne doute pas de ce que les mesures et injonctions prises dans ce cadre permettront de rétablir une concurrence saine sur le marché des télécommunications, dans l’intérêt des consommateurs et des entreprises, et dans le strict respect de la loi et de la réglementation applicable», indiquait un communiqué de l’entreprise.

Des injonctions auxquelles Maroc Telecom ne se serait pas conformé. Le 16 décembre 2021, le groupe a ainsi reçu une nouvelle convocation au sujet d’une plainte déposée par son concurrent concernant à nouveau le dégroupage.

«Pour le troisième trimestre de 2023, Maroc Telecom a enregistré une hausse de ses bénéfices avant intérêt et impôt (Ebitda) de 3,2 % (soit 14,5 millions de dirhams), portée essentiellement par ses filiales subsahariennes», souligne Jeune Afrique.

Par Nabil Ouzzane
Le 29/01/2024 à 20h55