Comment Dubaï compte se greffer à la stratégie touristique marocaine

Le Maroc, à l’aune du Mondial 2030, a décidé de construire une alliance d’expertise avec Dubaï. Hôtellerie, immobilier, les entreprises de Dubaï envisagent des investissements majeurs.. DR

Revue de presseLe Maroc, à l’aune du Mondial 2030, a décidé de construire une alliance d’expertise avec Dubaï. Hôtellerie, immobilier, les entreprises de Dubaï envisagent des investissements majeurs. Même si les enjeux sont ailleurs. Cet article est une revue de presse tirée du magazine Challenge.

Le 12/06/2024 à 21h25

Le Maroc prévoit d’augmenter considérablement sa capacité hôtelière afin d’accueillir les 26 millions de touristes prévus d’ici 2030, créant ainsi des opportunités de plusieurs milliards de dollars pour les investisseurs de Dubaï. C’est ce qu’on peut lire dans un article publié par le magazine émirati Arabian business et repris par l’hebdomadaire Challenge.

«Avec une enveloppe d’investissement de 50 milliards de dollars prévue pour des projets liés à la Coupe du monde, notamment le développement des infrastructures, des transports, des soins de santé et du tourisme, le Maroc souhaite construire un couloir de collaboration avec Dubaï pour réaliser sa vision de transformation», lit-on.

Récemment, les deux pays ont renforcé leur synergie avec la signature de quatre protocoles d’accord dans les énergies renouvelables, la technologie numérique et les infrastructures touristiques/hôtelières. «Notre objectif est de doubler le nombre de touristes pour atteindre 25 à 26 millions d’ici 2030… Dubaï est un brillant exemple et est devenu une plaque tournante pour les startups, l’économie numérique et l’industrie technologique. Nous aimerions donc voir comment nous pouvons construire un écosystème informatique au Maroc», explique Anas Guennoun, vice-président de la CGEM et nouveau chef du Conseil des affaires EAU-Maroc, cité par le magazine.

Les Émirats sont déjà le plus grand investisseur arabe du Maroc avec plus de 30 milliards de dollars. Un chiffre qui devrait doubler à la suite d’accords majeurs signés fin 2023.

Pour l’expert en politique touristique, Zoubir Bouhoute, le Maroc envisage de booster les investissements. Maintenant, la priorité, c’est l’aérien. «Grâce à l’aérien, on enregistre des volumes importants d’arrivées. Si on atteint 500.000 lits d’ici 2030, c’est déjà bien, car le plus important aussi, c’est le taux d’occupation des chambres. À fin 2019, le taux d’occupation des chambres était de 48%», précise-t-il.

Le secteur a toutes les chances de décoller. Le Conseil du tourisme et du voyage mondial (WTTC) prévoit une progression de 5,8% pour le secteur du tourisme entre 2022 et 2032, alors que l’économie globale va progresser d’une moyenne de 2,7% seulement entre 2022 et 2023.

«Nous avons bénéficié d’un rayonnement très important grâce aux Lions de l’Atlas. De nombreuses opérations de promotion ont été effectuées par l’Office national marocain du tourisme. Les professionnels font beaucoup de promotions pour les villes, les régions et les établissements, et il y a des signatures avec de grandes plateformes, ce qui est tout bénéfique pour le secteur du tourisme au Maroc», conclut Bouhoute.

Par Lamia Elouali
Le 12/06/2024 à 21h25