Le secteur des Etablissements et entreprises publics (EEP) marocains affiche une dynamique économique robuste, portée par le rendement exceptionnel de ses acteurs majeurs dans des domaines stratégiques. En dépit de contextes parfois complexes, l’ensemble de ces institutions a généré l’an dernier un chiffre d’affaires cumulé de 421,5 milliards de dirhams et dégagé 23,4 milliards de dirhams de bénéfices. Cette performance d’ensemble témoigne de la valeur ajoutée croissante apportée par le portefeuille public à l’économie nationale, relaie le magazine Jeune Afrique dans un focus dédié.
Au premier rang de ces locomotives figure l’Agence spéciale Tanger Med qui poursuit une trajectoire d’expansion ininterrompue au sein du premier complexe portuaire et logistique d’Afrique et de Méditerranée, désormais installé dans le top 20 mondial. Ne rencontrant pas de vents contraires, l’institution présidée par Fouad Brini enchaîne les performances record avec un chiffre d’affaires de 13 milliards de dirhams en 2025, en hausse de 16% par rapport à l’exercice précédent. Cette dynamique s’appuie sur une activité intense marquée par le traitement de 209 millions de tonnes de marchandises et de 12,42 millions de conteneurs EVP.
Pour les années à venir, l’écosystème portuaire vise des sommets industriels et commerciaux encore plus ambitieux. Selon le rapport sur les établissements et entreprises publics, le chiffre d’affaires consolidé du groupe devrait passer à 14,3 milliards de dirhams en 2027, puis atteindre 16,7 milliards en 2028 et 18,4 milliards en 2029. À l’horizon 2030, Tanger Med entend doubler ses capacités de traitement du trafic conteneurisé tout en contribuant à la création de quelque 50 000 emplois supplémentaires. Le volume d’affaires des industries implantées dans sa zone devrait atteindre près de 250 milliards de dirhams, parallèlement à la mobilisation de 60 milliards de dirhams d’investissements industriels privés, souligne Jeune Afrique.
Dans le secteur financier, la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) confirme son rôle de valeur sûre en pleine transformation opérationnelle. À la fin du mois de juin, le bras financier de l’État marocain a affiché un produit net bancaire en comptes sociaux de 1,4 milliard de dirhams, soit 127 millions d’euros, en hausse de 5% par rapport à la même période en 2025. Quant à son résultat net, il s’est hissé à 1 milliard de dirhams contre 900 millions un an plus tôt, s’inscrivant dans la continuité d’un exercice précédent déjà marqué par une hausse des bénéfices de 2 milliards de dirhams et une progression de 33% du PNB.
En comptes consolidés, le groupe a porté son produit net bancaire à 16 milliards de dirhams à la fin de l’année 2025,affichant une nette progression de 19%. Cette solide performance s’explique en partie par des facteurs conjoncturels, notamment l’accroissement des gains nets sur des instruments financiers à la juste valeur liés aux investissements boursiers de l’institution. Toutefois, le groupe s’attache à construire ses nouveaux relais de création de valeur dans l’économie réelle en renforçant ses positions dans des projets d’infrastructures qui offrent des rendements réguliers, prévisibles et durables dans le temps, lit-on dans Jeune Afrique.
Sous la direction de Khalid Safir, l’établissement engagé dans son nouveau plan stratégique «Cap 2030» entend mobiliser 100 milliards de dirhams d’ici la fin de la décennie pour soutenir la croissance du pays. Ces financements massifs seront prioritairement orientés vers le développement durable, la souveraineté alimentaire et la transition numérique. En combinant la rentabilité de ses placements financiers à des investissements structurants dans des secteurs clés, la «vieille dame de Rabat» affirme sa mission de pilier économique tout en sécurisant la récurrence de ses résultats futurs.


