L’exportation ne se limite pas aux biens manufacturés. Elle repose aussi sur la maîtrise de projets complexes, depuis leur conception jusqu’à leur livraison. En Guinée, Cegelec franchit une nouvelle étape de son expansion africaine avec un programme ambitieux dans le secteur de l’électricité. «Mené par sa filiale VINCI Energies Guinée pour le ministère guinéen de l’Énergie, ce chantier représente un investissement colossal et marque l’émergence d’une ingénierie marocaine capable de s’imposer sur des marchés stratégiques à l’échelle continentale», écrit le quotidien Les Inspirations Eco du 27 avril
Ce projet structurant vise à moderniser le réseau électrique guinéen. Il comprend la conception et la construction de lignes et de postes à très haute tension, ainsi qu’une centrale photovoltaïque de 50 mégawatts-crête (MWc), dotée de son propre poste d’évacuation vers le réseau national. «Il ne s’agit pas seulement de livrer des équipements, mais de contribuer à la transformation énergétique du pays», souligne un responsable du groupe. L’objectif est clair: renforcer la fiabilité du réseau, accroître les capacités de production et de transit de l’électricité, tout en favorisant l’intégration des énergies renouvelables dans le mix énergétique guinéen.
Le volet humain occupe une place centrale dans ce contrat. Comme l’explique Abdellah Sabri, directeur général de Cegelec et de VINCI Energies en Afrique, cité par Les Inspirations Eco, «la réalisation du projet s’appuiera sur les compétences locales et visera à renforcer l’expertise des équipes guinéennes à travers un transfert structuré de savoir-faire». Cette approche dépasse le cadre industriel pour s’inscrire dans une logique de développement durable, permettant aux acteurs locaux de gagner en autonomie dans les métiers du transport d’électricité et du solaire.
Ce nouveau contrat s’inscrit dans une dynamique plus large. Cegelec a déjà réalisé des infrastructures électriques au Koweït, en Arabie Saoudite et au Rwanda, ainsi qu’en Afrique subsaharienne, notamment au Bénin, en Côte d’Ivoire, en Guinée, en Mauritanie et au Sénégal. «Ce projet guinéen consolide notre positionnement en tant qu’acteur capable d’exporter une expertise de haut niveau sur des infrastructures énergétiques clés en main», affirme un porte-parole du groupe.
Les travaux ont été officiellement lancés le 18 avril à Kamissaya, dans la préfecture de Kindia, en présence du Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, du ministre de l’Énergie, Laye Sékou Camara, et du ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement technique et de la Formation, Alpha Bacar Barry. Abdellah Sabri était également présent pour marquer cette étape décisive.
Dans un contexte où l’accès à une énergie fiable et la robustesse des réseaux restent des préalables essentiels à l’industrialisation, ce type de projet révèle une nouvelle réalité: les entreprises marocaines ne se contentent plus de répondre aux besoins locaux, mais participent activement à la construction des infrastructures africaines. Une preuve supplémentaire que le Maroc s’affirme comme un acteur incontournable du développement énergétique sur le continent.




