Les services centraux du ministère de l’Intérieur œuvrent dans l’urgence pour mettre un terme au désordre persistant dans les marchés de gros, après avoir pris connaissance de rapports alertant sur la gravité du contrôle exercé par les spéculateurs sur les chaînes d’approvisionnement des produits agricoles. Les directions provinciales de l’administration territoriale s’emploient, quant à elles, à déployer une nouvelle feuille de route organisationnelle fondée sur la garantie de la transparence et la protection des citoyens contre les pratiques spéculatives et la hausse des prix. Pour ce faire, les autorités entendent «renforcer les mécanismes de contrôle et de gestion, ainsi que faire respecter les lois régissant le commerce et la concurrence loyale», relaie Assabah de ce jeudi 11 juin, précisant que ces rapports font état d’une «prolifération d’intermédiaires non réglementés, entraînant des augmentations de prix injustifiées, un alourdissement de la charge pesant sur les petits professionnels, ainsi qu’une multiplication des plaintes de commerçants dénonçant la mainmise spéculative et les situations de monopole».
Dans la filière des fruits et légumes, l’emprise des intermédiaires a atteint un tel niveau qu’ils sont parvenus à soustraire aux sociétés la gestion effective des marchés de gros, en recourant à des contrats de sous-location. Selon Assabah, «des documents révèlent que les opérations d’ouverture des plis pour la location des marchés de gros ont été entachées de multiples irrégularités, parmi lesquelles l’exclusion de plusieurs sociétés concurrentes. Ces violations sont commises avec la complicité d’un lobby qui monopolise le secteur en utilisant des sociétés noyées dans les eaux troubles du conflit d’intérêts, impliquant des proches et des épouses de conseillers municipaux».
L’Observatoire de l’action gouvernementale (OAG) appelle en conséquence à «l’instauration d’un système de commercialisation des produits alimentaires reposant sur des circuits clairs, notamment par la création d’un établissement national de commercialisation permettant aux producteurs et aux consommateurs de disposer d’une offre en adéquation avec la demande, sans entrer dans la chaîne spéculative et les marges rentières», écrit Assabah, ce qui ne sera possible qu’avec l’opérationnalisation d’«une réforme complète de la loi régissant les marchés de gros, qui date de 1962, en l’assortissant de nouvelles normes et de cahiers des charges transparents». Cette réforme, selon le quotidien, permettrait de mettre fin «à la logique de recherche de rente du système actuel, tout en investissant pour permettre au secteur privé de créer des plateformes de distribution et d’emballage dans des conditions concurrentielles claires». Pour bien des acteurs de cette activité, il devient nécessaire d’opérer une «accélération du renforcement des dispositifs de contrôle et du suivi de la dynamique des marchés nationaux», et d’effectuer un suivi régulier de l’évolution des prix des produits alimentaires de première nécessité.




