Le secteur marocain des carrières accompagne directement le rythme des investissements dans les routes, les infrastructures, le bâtiment et les grands équipements. Même si cette activité reste indispensable à l’économie de la construction, le contrôle reste difficile. Le pays compte désormais 3.930 carrières, dont seulement 32% sont en exploitation, tandis que les commissions provinciales relèvent en moyenne 3.729 infractions par an. À cela s’ajoutent 406,3 millions de dirhams d’amendes dont le recouvrement reste insuffisant.
Le développement des infrastructures marocaines repose aussi sur une activité moins visible que les grands projets qu’elle alimente, notamment l’extraction des matériaux de construction. Gravier, sable, pierre et autres produits issus des carrières sont indispensables à la fabrication du béton, aux travaux routiers, aux ouvrages hydrauliques et à une grande partie des opérations de construction.
À mesure que le Maroc accélère ses investissements, la demande pour ces matériaux reste soutenue. Le secteur des carrières occupe ainsi une place stratégique dans la chaîne qui va de l’extraction à la réalisation des chantiers.
Mais cette importance économique rend aussi ses faiblesses plus sensibles. Une exploitation irrégulière peut affecter les recettes publiques, désavantager les entreprises qui respectent leurs obligations et compliquer le suivi des volumes réellement extraits. C’est l’un des constats qui ressort du bilan 2021-2026 du ministère de l’Équipement et de l’eau.
Le Maroc compte désormais 3.930 carrières, contre 2.930 en 2020. Le parc recensé a donc augmenté de 1.000 sites en quelques années.
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Cette progression accompagne les besoins d’une économie engagée dans d’importants programmes d’infrastructures et de construction. Pourtant, toutes les carrières recensées ne sont pas actives avec 32% seulement qui sont actuellement en exploitation.
Cette situation donne un premier aperçu de la complexité du secteur. Entre les sites autorisés, ceux effectivement exploités, ceux qui font l’objet de contrôles et ceux arrivés au terme de leur activité, les pouvoirs publics doivent suivre un nombre important d’installations et d’opérateurs.
La difficulté est aussi économique. Plus la production de matériaux augmente, plus la capacité à connaître les volumes extraits et à vérifier le respect des obligations devient importante.
Des milliers d’infractions chaque année
Les commissions provinciales chargées du contrôle relèvent en moyenne 3.729 infractions par an. Le phénomène concerne notamment l’exploitation en dehors du cadre réglementaire, qui demeure l’une des principales préoccupations des autorités.
Pour les entreprises opérant légalement, la question est loin d’être secondaire. Un exploitant qui ne respecte pas les mêmes obligations administratives, financières ou environnementales que ses concurrents peut réduire ses coûts et bénéficier d’un avantage indu.
L’enjeu est donc aussi celui de la concurrence. Dans un secteur qui fournit des matières premières indispensables aux chantiers, les différences de coût liées au non-respect des règles peuvent se répercuter sur l’ensemble de la chaîne.
L’exploitation informelle pose également un problème de visibilité pour les pouvoirs publics. Lorsque les volumes réellement extraits sont difficiles à suivre, il devient plus compliqué de déterminer les recettes auxquelles l’État peut prétendre et de vérifier le respect des obligations imposées aux exploitants.
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La question financière apparaît encore plus nettement dans le bilan du ministère avec le montant global des amendes déclaré qui a atteint 406,3 millions de dirhams. Mais une partie importante de ces sommes reste difficile à recouvrer.
C’est l’une des faiblesses majeures du dispositif. Les contrôles permettent de constater les infractions et les sanctions peuvent être prononcées, mais leur traduction en recettes effectivement encaissées demeure insuffisante.
Pour l’État, le problème ne se limite donc pas au montant des amendes, il concerne l’ensemble de la chaîne qui suit la constatation d’une infraction comme le traitement du dossier, la décision, d’éventuelle procédure judiciaire puis le recouvrement.
Le sujet est d’autant plus sensible que les carrières alimentent un secteur économique essentiel. Dans un marché où la demande en matériaux accompagne les grands programmes d’investissement, les autorités cherchent à éviter que l’activité informelle ne se traduise par des pertes de recettes et par une concurrence déséquilibrée.
Quid de la police des carrières
Pour renforcer le contrôle, le Maroc a mis en place en 2021 une police des carrières.
Depuis son entrée en fonction, celle-ci a dressé 179 procès-verbaux. Certaines procédures ont donné lieu à des condamnations et à la saisie d’engins utilisés dans des exploitations irrégulières.
Ce dispositif apporte une réponse plus ciblée aux infractions constatées sur le terrain. Il doit toutefois composer avec un secteur vaste, réparti sur l’ensemble du territoire et marqué par un nombre élevé d’irrégularités signalées par les commissions provinciales.
La question n’est donc plus seulement de disposer d’un dispositif de contrôle. Elle est aussi de parvenir à assurer un suivi suffisamment efficace des infractions jusqu’à leur règlement définitif.
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Une plateforme est en cours de développement pour suivre chaque carrière de son ouverture à sa fermeture. Elle doit notamment permettre de centraliser les informations concernant la production, les contrôles et les sanctions.
L’objectif est concret: disposer d’un historique plus complet de chaque site et faciliter le travail des administrations chargées du suivi.
Une telle base pourrait également améliorer la connaissance de la production et faciliter les contrôles. Elle doit surtout permettre de réduire les pertes d’information entre les différentes étapes de la vie d’une carrière.
Pour un secteur qui compte près de 4.000 sites recensés, cette traçabilité devient un enjeu important.




