Auto-entrepreneurs: baisse de 34% des nouvelles adhésions en 2022

Le régime de l'auto-entrepreneur compte à ce jour près de 406.301 inscrits. DR

Les dispositions de la Loi de finances 2023 ont eu un impact négatif sur l’attractivité du statut d’auto-entrepreneur. Les nouvelles adhésions au régime ont connu une baisse de 34% en une année, passant de 86.023 en 2021 à 56.699 en 2022.

Le 14/08/2023 à 15h03

Le statut d’auto-entrepreneur a de plus en plus de mal à séduire. Après avoir enregistré une augmentation annuelle de 119% en 2020 et de 27% en 2021, le nombre d’auto-entrepreneurs au Maroc a augmenté de seulement 12% en 2022 pour s’établir à 406.301, selon les derniers chiffres de la Direction générale des impôts (DGI).

Ainsi, les nouvelles adhésions au régime ont connu une baisse de 34% en une année, passant de 86.023 en 2021 à 56.699 en 2022, précise le dernier rapport annuel de la DGI.

Au total, la DGI a enregistré 149.601 nouvelles adhésions en 2022, dont 59% de personnes physiques professionnelles et 41% de personnes morales. Les auto-entrepreneurs concentrent 64% des personnes physiques professionnelles nouvellement enregistrées.

Par ailleurs, les derniers chiffres de l’Observatoire marocain de la TPME, montrent que 99,2% des auto-entrepreneurs actifs au Maroc ont généré un chiffre d’affaires n’excédant pas individuellement 100.000 dirhams en 2021. D’après l’Observatoire, les services arrivent en tête des activités déclarées par les auto-entrepreneurs (48,2%), suivis du commerce (37%), de l’industrie (8,6%) et de l’artisanat (6,2%).

Pour rappel, la Loi de finance 2023 a apporté un grand changement au statut d’auto-entrepreneur en excluant de ce régime le surplus du chiffre d’affaires annuel dépassant 80.000 dirhams, lequel est réalisé pour des prestations de service avec un même client.

Ce surplus du chiffre d’affaires est depuis cette année soumis à l’impôt sur le revenu par voie de retenue à la source, à un taux libératoire de 30%, alors qu’il était soumis à un impôt de 1% uniquement auparavant.

Selon le gouvernement cette mesure vise à lutter contre l’évasion fiscale, et le salariat déguisé, à cause de certaines entreprises qui exigent le statut d’auto-entrepreneur à leurs employés pour échapper aux engagements contractuels.

Par Safae Hadri
Le 14/08/2023 à 15h03