Le projet de loi de finances pour 2027 impulse une refonte majeure du ciblage de l’aide sociale directe, marquant un tournant dans la politique de protection sociale. Le modèle en vigueur s’oriente progressivement vers un abandon de l’indice socio-économique, critère principal jusqu’alors, au profit d’un dispositif fondé sur le revenu réellement disponible des ménages. Cette transition s’appuiera sur la mise en place d’une déclaration sociale globale des revenus, indique le magazine hebdomadaire La Nouvelle Tribune.
Durant la période transitoire, face à des données de revenus encore jugées insuffisantes en termes de fiabilité, l’indice socio-économique conservera un rôle d’outil complémentaire. L’objectif affiché de cette évolution est de réduire significativement les erreurs d’inclusion et d’exclusion, bien que le texte ne détaille pas encore l’ensemble des mécanismes pratiques pour y parvenir.
Afin d’accompagner cette réforme et d’en amortir les chocs, plusieurs correctifs sont introduits. Les revenus occasionnels ou saisonniers feront l’objet d’une prise en compte spécifique pour éviter qu’une variation temporaire n’entraîne la perte automatique du droit aux prestations. De plus, l’éligibilité pourra être rétablie en cas de perte involontaire d’emploi, sans qu’une durée minimale de non-déclaration auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale ne soit exigée. Une prime exceptionnelle est également prévue pour encourager l’accès à un emploi déclaré et ne pas pénaliser la reprise d’activité, lit-on dans La Nouvelle Tribune.
Sur le plan financier, le montant minimal de l’allocation mensuelle sera revalorisé, passant de 500 à 600 dirhams en 2027, avec une trajectoire pluriannuelle programmée pour l’amener à 1.000 dirhams. Une seconde revalorisation des aides liées à l’enfance est par ailleurs actée, conformément au décret 2.23.1067.
Sur le plan institutionnel, la gestion du dispositif est transférée à l’Agence nationale de soutien social, reprenant ainsi les prérogatives exercées jusqu’à présent par la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et la Caisse nationale de retraites et d’assurances (CNRA). Dès le mois de décembre, les systèmes d’information entameront leur migration vers une infrastructure souveraine, tandis que de nouvelles représentations territoriales ouvriront leurs portes à Sidi Kacem et Taounate d’ici la fin de l’année.
Pour parfaire la modernisation du service, un assistant virtuel reposant sur l’intelligence artificielle ainsi que la possibilité d’un dépôt électronique des pièces justificatives seront introduits en 2027. Des expérimentations territoriales ciblées sur la santé, la scolarisation et l’accès au marché du travail viendront compléter ce dispositif. Néanmoins, des zones d’ombre persistent, puisque le calendrier exact de généralisation de la déclaration sociale globale des revenus n’a pas été arrêté, tout comme le nombre précis de ménages qui seront touchés par cette révision du ciblage.




